Anciens numéros d'une semaine en Haïti :

 

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Une Semaine en HAÏTI

Une rédaction d’Alterpresse … avec le soutien de la Fokal

Une publication du Collectif Haïti de France

-21 ter rue Voltaire - 75011 Paris - 01 43 48 31 78 – contact@collectif-haiti.fr-

 

N°1033- 28 novembre 2011

 

LES TITRES

  • La démission du ministre de la justice peut-elle solutionner le conflit entre l’Exécutif et le parlement?
  • Quelle efficacité de l’aide après le séisme en Haïti?
  • Choléra : Plus de 200 morts et plus de 21 mille nouveaux cas en octobre 2011, une année après l’apparition de l’épidémie
  • A quand un campus au sein de l’université d'État?

 

 

>> La démission du ministre de la justice peut-elle solutionner le conflit entre l’Exécutif et le parlement?

Devant la menace d’une motion de censure à son encontre, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Josué Pierre-Louis, a démissionné de ses fonctions le mardi 22 novembre 2011, quelques heures avant son interpellation au sénat. Plusieurs membres de la nouvelle administration politique, y compris le président Michel Martelly, sont impliqués dans l’arrestation arbitraire et illégale - le jeudi 27 octobre sur le tarmac de l’aéroport international de Port-au-Prince - du député Arnel Bélizaire. Quelques heures avant l’interpellation du 22 novembre, des sénateurs ont eu des échanges avec le président Michel Martelly sur la question. L’affaire Bélizaire, qui suscite des remous au sein de la société haïtienne depuis un mois, risque d’envenimer les relations entre l’Exécutif et le parlement. Une levée de boucliers a d'ailleurs été enregistrée au sein du pouvoir législatif. Le sénat a rejeté une recommandation de la commission d’enquête sur l’arrestation du député Bélizaire, qui exigeait l’interpellation du ministre de l’intérieur, des collectivités territoriales et de la défense nationale, Thierry Mayard Paul, impliqué dans l’arrestation. La proposition du sénateur Joseph Lambert, d’enlever cette recommandation du rapport de la commission, a bénéficié du vote favorable de 11 sénateurs. Six se sont prononcés contre et 4 se sont abstenus. Lambert estime que l’Exécutif a fait preuve de bonne volonté en obtenant la démission du ministre de la justice, Josué Pierre-Louis, qui a fait parvenir sa lettre au premier ministre Garry Conille au cours de la journée. Pour Lambert, le moment est venu de « réconcilier la nation avec elle-même ». Le rapporteur de la commission, le sénateur François Annick Joseph, regrette pour sa part qu’« une fois de plus la ruse a gagné et la nation a perdu ». L’assemblée sénatoriale a toutefois approuvé la recommandation de la commission demandant au président Michel Martelly de reconnaitre « publiquement qu’il s’est mal comporté » dans le dossier Bélizaire et de s’engager à convoquer des assises entre les trois pouvoirs en vue de statuer sur les grands dossiers d’intérêt national. Après lecture du rapport de la commission, les sénateurs interpellateurs ont décidé de surseoir à l’interpellation du secrétaire d’État, aux Affaires étrangères, Michel Brunache, ayant constaté que ce dernier n’avait aucune implication dans l’arrestation du député. “ Le pays n’est pas gouverné. Personne ne sait rien de tout ce qui s’est passé. Des membres du gouvernement ont défilé devant la commission et chacun cherche à se disculper ou au mieux à se décharger de toute responsabilité dans l’affaire”, indique le rapport de la commission sénatoriale. Les députés, qui sont actuellement en vacances, projettent de former une commission d’investigation sur l’arrestation de leur collègue, laquelle commission devra fournir son rapport à l’ouverture de la prochaine session législative le deuxième lundi de janvier 2012. D’aucuns soupçonnent le sénat d’avoir adopté une position “intéressée” dans l’affaire, en ménageant des décisions qui pourraient donner, à un groupe de sénateurs de la plateforme “Inite”, la possibilité de briguer le poste désormais vacant de ministre de la justice... ou d’autres intérêts au sein de l’administration Martelly. 

 

>> Quelle efficacité de l’aide après le séisme en Haïti?

En prélude au quatrième forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui se tient du 29 novembre au 1er décembre 2011 à Bosan en Corée du Sud – où sont attendus environ 2000 délégués de diverses régions à travers le monde - plusieurs entités, dont la plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), participent à un forum de 2 jours en vue d’évaluer l’efficacité de l’aide accordée Haïti au lendemain du séisme dévastateur du 12 janvier 2010. L’aide humanitaire octroyée à Haïti après le tremblement de terre ne répond pas au critère de développement, relèvent les organisateurs du forum, dont les organismes internationaux de développement Trocaire, Oxfam America et ActionAid. Seulement 43 % des 4,6 milliards de dollars américains promis à Haïti au cours de l’année 2010, ont été effectivement versés jusqu’ici, soulignent-ils. Le volume de l’aide est toujours marginal par rapport aux engagements pris devant les Nations-Unies le 31 mars par différents donateurs, signale Esther Schneider du centre de recherches, de réflexion, de formation et d’action sociale (CERFAS), co-organisateur du forum. Camille Chalmers de la PAPDA dit craindre que la crise financière internationale ne serve de " prétexte " pour pousser les donateurs à réduire l’aide qu’ils accordent à Haïti. Déjà, des informations persistantes font état d’une réduction substantielle de l’appui aux organismes de développement en Haïti, en raison de la crise financière qui secoue les pays industrialisés. « L’essentiel c’est de voir si Haïti définit ses propres instances et ses propres modèles de développement », souligne le principal dirigeant de la PAPDA. L’appropriation par le pays bénéficiaire de ses propres stratégies de lutte contre la pauvreté, l’harmonisation des actions des acteurs, la gestion de l’aide axée sur des résultats et de la responsabilité mutuelle figurent parmi les principes envisagés pour défendre les intérêts des pays bénéficiaires de l’aide humanitaire lors du forum de Bosan en Corée du Sud. 

 

>> Choléra : Plus de 200 morts et plus de 21 mille nouveaux cas en octobre 2011, une année après l’apparition de l’épidémie

202 personnes sont mortes et 21 797 nouveaux cas de choléra ont été enregistrés durant le mois d’octobre 2011 en Haïti, révèle l’office de coordination des affaires humanitaires de l’organisation des Nations Unies (OCHA), citant un document du ministère haïtien de la santé publique et de la population (MSPP). Pour le mois de septembre, les chiffres s'élèvent à 185 morts et plus de 14 740 nouveaux cas selon un rapport publié par l’organisme onusien. Depuis le déclenchement de la maladie en octobre 2010, plus de 492 000 cas ont été répertoriés, et plus de 6 700 malades sont décédés. Toutefois, une diminution constante du nombre de nouveaux cas de personnes affectées par l’épidémie de choléra peut être attendue avec la saison sèche (décembre 2011 - mars 2012), selon OCHA. Cette diminution apporterait un certain soulagement à un moment où le financement à court terme pour le choléra touche à sa fin, alors que certains financements à long terme ne sont pas encore disponibles. Actuellement, le nombre de cas quotidiens s’élève à 500, contre 671 pour le mois d’octobre 2011 et 1 100 cas en juin dernier.

Le rapport fait état du caractère variable du taux de mortalité du choléra au niveau de certains départements, en dépit d’une moyenne de 1.4% au niveau national. Le taux de mortalité est de 206 personnes pour 100 000 dans le département de la Grande Anse (Sud-Ouest) et 37 pour 100 000 dans celui du Sud. Entre-temps, 2 responsables haïtiens de la Croix rouge dans les Nippes (Sud-Ouest), Gilles Arlande (Croix rouge Norvège) et Jean Marie Antoine (Croix rouge Allemagne) sont incarcérés depuis le 17 novembre 2011, accusés d’avoir détourné des produits destinés à la réponse au choléra. Il s’agit de 320 caisses de savon, destiné à la population de la Grande Anse dans le cadre de la lutte contre le choléra qui fait des ravages dans la zone. En novembre 2011, 22 mois après le séisme, près de 550 000 personnes vivent encore dans 802 camps d’hébergement dans des conditions d’assainissement et d’hygiène qui se détériorent sans cesse, ce qui est susceptible de constituer un cadre favorable à un éventuel rebondissement de l’épidémie dans le pays. 

 

>> A quand un campus au sein de l’université d'État?

« On s’interroge sur la volonté réelle du pouvoir d’accompagner l’Université d’Etat d’Haïti et de construire la principale université du pays : l’université d’Etat. Depuis quelques temps, on n’a aucune réaction [de l’Etat] par rapport à ce campus. Il est vrai que les responsables publics ne s’en soucient guère ». C’est en ces termes que le recteur de l’université d’État d’Haïti, l’ingénieur-agronome Jean Vernet Henry, dénonce l’inaction de l’État haïtien dans le cadre du projet de construction du campus universitaire de cette institution publique. Aujourd’hui, aucune réponse concrète n’a été obtenue sur la mise en uvre du projet de construction du campus de l’Université d’État d’Haïti, qui a été soumis au gouvernement de Jean Max Bellerive, premier ministre sous la présidence de René Préval, et à la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH).

Le projet de campus visait à regrouper dans un même espace (le site de Damien, à Croix-des-Missions-Nord) les onze entités de l’université d’État d’Haïti“ la seule institution publique d’enseignement supérieur présente à Port-au-Prince et dans sept villes de province du pays ». La construction du campus de l’Université d’État d’Haïti aurait permis de la doter d’une structure de fonctionnement normal, selon l’ingénieur-agronome qui critique l’État de ne s’être pas penché sur ce problème alors que 80% des bâtiments de ce centre universitaire public ont été détruits par le séisme du 12 janvier 2010.

Le rectorat,  qui a travaillé sur l’avant-projet de construction de ce campus, évalué à 100 millions de dollars américains, cherche toujours des fonds pour financer la construction du campus et se propose de faire un appel d’offres et les études détaillées, annonce le professeur Henry. 

 

 

 

Une Semaine en HAÏTI

Une rédaction d’Alterpresse … avec le soutien de la Fokal

Une publication du Collectif Haïti de France

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N°1027- 12 octobre 2011

 

LES TITRES

  • Mobilisation à l’occasion du 1er anniversaire de la découverte du choléra en Haïti
  • Dossier : Revendications pour le respect du droit au logement à l’occasion de la journée internationale de l’habitat
  • Des inquiétudes quant au vote favorable du parlement à Garry Conille
  • Plateau central: revendications de la plateforme 'Je nan Je'

 

 

>> Mobilisation à l’occasion du 1er anniversaire de la découverte du choléra en Haïti

Plusieurs organisations du mouvement social en Haïti projettent des actions de mobilisation nationale à l’occasion du premier anniversaire, le 19 octobre 2011, de la découverte de premiers cas de choléra.

Ces organisations demandent à l’Etat haïtien d’implanter, avec l’appui d’institutions internationales appropriées, des infrastructures d’eau potable et d’assainissement en divers points du territoire national menacés par la propagation de l’épidémie.

En plus du retrait de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), appelée à admettre sa culpabilité dans l’extension du choléra - à partir du déversement de matières fécales dans les eaux d’une rivière par le contingent népalais de la Minustah - les revendications des organisations du mouvement social insistent sur une réparation économique à assumer par l’organisation des Nations Unies (ONU) au profit des victimes de l’épidémie.

Plus de 6000 personnes sont mortes depuis l’apparition officielle de la maladie. Une recrudescence de cas de contamination au choléra est observée, ces dernières semaines, dans diverses communes, notamment à Fonds Verrettes et à Léogane dans le département de l’Ouest. Les intempéries - particulièrement dans le Sud – font craindre une remontée de l’épidémie de choléra sur le territoire national.

Les activités de sensibilisation sur l’observation des mesures d’hygiène se poursuivent sous les auspices de différentes organisations d’accompagnement et d’encadrement des communautés.

 

>> Dossier : Revendications pour le respect du droit au logement à l’occasion de la journée internationale de l’habitat

La journée internationale de l’habitat, le 3 octobre 2011, a suscité un mouvement de revendications en faveur du respect du droit au logement, surtout pour les personnes déplacées après le tremblement de terre.

À l’invitation de la Plate-forme « Je nan Je » (en français : les yeux dans les yeux), regroupement d’une dizaine d’organisations et de mouvements sociaux, des centaines de paysans ont marché pacifiquement, le dimanche 2 octobre, dans les rues de Jacmel.

« Je participe à cette marche pour faire passer mes revendications à l’intention des autorités du gouvernement. Je suis une victime du tremblement de terre du 12 janvier, j’ai tout perdu, sauf ma famille », a déclaré Dieula, une manifestante.

« Depuis le séisme, je vis sous une soi-disant tente. Comme d’autres victimes, je suis à bout, car ma situation se détériore », a-t-elle poursuivit.

« L’État, reconquiers ta fierté, cesse de compter sur l’aide étrangère » ; « Il ne peut y avoir de la nourriture locale sans la mise en place d’un plan de réforme agraire » ; « Nous demandons le départ immédiat de la Minustah », pouvait-on lire sur certaines pancartes.

La marche entre dans le cadre d’une série d’activités pour lancer la campagne « Je nan Je », un vaste plaidoyer pour le droit au logement et à la terre, ciblant tout le pays.

Les organisations membres de la plateforme ont également exigé une gestion plus transparente des fonds destinés à la reconstruction ainsi qu’un changement dans le plan de reconstruction national.

L’idée a été aussi de susciter des débats autour de la problématique foncière et celle des logements précaires en Haïti.

Le collectif des organisations pour la défense du droit au logement a tenu, le lundi 3 octobre, devant les locaux à Port-au-Prince du ministère des affaires sociales et du travail (MAST), un sit-in pour marquer la journée mondiale de l’habitat.

Plus d’une cinquantaine de personnes ont lancé des slogans hostiles à l’encontre de la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et de son co-président, l’ex-président américain Bill Clinton.

« La question du logement qui était vraiment difficile avant le séisme, a empiré, ce qui force plus de 600.000 personnes à vivre dans des abris non sécuritaires, couverts de bâches. C’est le ministère des affaires sociales et du travail qui a pour responsabilité d’organiser le pays, d’aménager les infrastructures et de construire des maisons pour la population », a souligné la coordonnatrice du Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR), Colette Lespinasse.

Le collectif a réitéré ses préoccupations par rapport aux expulsions forcées, à travers une lettre adressée au ministre démissionnaire Gerald Germain et réclamant des dispositions pour freiner cette pratique, la mise en place d’un plan national de logement ainsi que d’un fonds public pour le logement.

Dans ce contexte, des autorités municipales menacent d’expulser plus d’une centaine de familles occupant « sans consentement légal » une cinquantaine de maisons parmi les 88 construites à « Zoranje »(Croix des Bouquets, au nord-ouest de la capitale) par l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA).

Les occupants des logements racontent, entre autres, qu’ils ne vont pas lâcher prise et disent préférer mourir plutôt que de se courber aux menaces des autorités municipales et des agents de la police nationale d’Haïti (PNH). Terminés deux mois après le séisme du 12 janvier 2010, les 88 logements sociaux de l’ALBA sont laissés vides. Ces 88 maisons font partie d’un projet de 500 logements sociaux promis par le président de la République bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez, lors de sa visite en mars 2007 en Haïti. Plus d’un an et 6 mois après leur achèvement, personne n’est capable d’expliquer pourquoi les logements de Zoranje sont restés vides pendant que plus de 600 000 personnes dorment et vivent dans des conditions inhumaines sous des tentes.

 

>> Des inquiétudes quant au vote favorable du parlement à Garry Conille

« Haïti est en phase de recolonisation. Garry [Conille] ne va pas défendre les intérêts d’Haïti » mais sera sous le contrôle de l’international et va de fait « défendre les intérêts de Clinton », déclare le porte-parole adjoint du Mouvement des paysans de Papaye (MPP), Philefrant Saintnaré.

Avec le nouveau premier ministre, le mouvement paysan craint que «les terres des paysans soient accaparées en vue d’établir des zones franches et faire la production d’agro-carburant ».

D’autres secteurs critiquent le vote favorable donné par le parlement à Conille, dont les documents soumis ne respecteraient pas plusieurs prescriptions de la Constitution du 29 mars 1987, comme le critère d’avoir résidé pendant cinq années consécutives en Haïti pour être habilité à briguer le poste de premier ministre d’un gouvernement dans le pays caribéen. Le choix de Conille a été accepté au Sénat, le 4 octobre 2011, avec 17 voix pour, 3 contre et 9 abstentions. Bien avant le Sénat, la chambre des députés avait voté a l’unanimité le choix de Conille le 16 septembre dernier.

Avant Conille, deux autres choix ont été rejetés par le Parlement haïtien, respectivement Gérard Daniel Rouzier par la chambre des députés le mardi 21 juin et Bernard Honorat Gousse le mardi 2 août dernier.

 

>> Plateau central: revendications de la plateforme 'Je nan Je'

La plateforme « Je nan Je » (Les yeux dans les yeux) a organisé, le jeudi 6 octobre 2011, au Centre de formation des cadres paysans (Papaye, Hinche) un pré-colloque sur le thème du droit au logement et à la terre. Il s’agit aussi du thème d’une vaste campagne lancée par la plateforme dans tous les départements avec l’appui de l’organisation Actionaid.

La plateforme ’Je nan Je’ demande des comptes; « nous voulons nous renseigner sur les fonds alloués à la reconstruction d’Haïti. » L’objectif est de déboucher sur un colloque international, les 17 et 18 octobre prochains à Port-au-Prince. A cette occasion, la plateforme entend exiger du gouvernement haïtien la restitution des terres aux paysans et l’accès au logement pour tous.

« Aujourd’hui les paysans n’ont rien, alors que des multinationales cherchent à s’approprier de milliers d’hectares de terres à travers le pays pour la culture de jatropha, du palmier à l’huile, et d’autres produits qui pourraient être transformés en agrocarburant », dénonce Chavannes Jean-Baptiste, porte-parole du mouvement des paysans de Papaye (MPP).

A Hinche, des paysans qui se sont installés sur la ferme Colladère sont constamment persécutés, alors que la majorité des terres de ce département ne sont pas exploitées et que les prix des produits alimentaires grimpent, a-t-on encore soulevé.

L’agriculture, la souveraineté alimentaire, la pauvreté, le droit au logement, et à la terre, l’aménagement du territoire, la problématique foncière sont, entre autres, les sujets qui ont été débattus durant le pré-colloque.

Pour ce qui concerne la reconstruction, tous les participants ont souhaité un modèle différent de reconstruction. Les paysans exigent des informations claires sur les dépenses déjà effectuées dans le cadre des projets validés par la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH).

La Plateforme « Je nan Je » regroupe des organisations, telles la coalition régionale des organisations du Sud-Est (CROSE), l’association des paysans de Vallue (APV) et le réseau national haïtien pour la souveraineté et la sécurité alimentaires (RENHASSA). (pour plus de détails <http://www.alterpresse.org/spip.php?article11683> )

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - mercredi 31 août 2011

 

N°1022 - 31 aout 2011

  • L’origine népalaise du choléra en Haïti à nouveau confirmée
  • La lumière sera t-elle faite sur les déversements de matières fécales à Hinche ?
  •  Protection civile : Formation et sensibilisation dans 4 départements à la gestion des risques et des désastres
  •  Environ 600 mille personnes déplacées dans les camps, 19 mois après le séisme

 

>> L’origine népalaise du choléra en Haïti à nouveau confirmée

Malgré les démentis sans cesse renouvelés de la Mission des Nations Unies de Stabilisation en Haïti (Minustah), un groupe de chercheurs américains vient de confirmer l’origine népalaise de l’épidémie de choléra, qui a causé plus de 6 000 morts dans la république caribéenne entre octobre 2010 et août 2011.

« Nous apportons notre support à l’hypothèse que les gènes ont été importés en Haïti à partir du Népal », soutiennent environ 15 chercheurs américains de la société américaine pour la microbiologie (American society for microbiology). Menée par les chercheurs américains, cette nouvelle étude a comparé 24 génomes népalais infectés par le Vibrio Cholérae (nom de la bactérie) et 10 autres génomes dont 3 issus d’Haïti. Cette comparaison a été faite en vue d’évaluer les possibles liens épidémiologiques entre la souche de bactérie responsable du choléra en Haïti et celle présente au Népal.

 

« La sensibilité aux antimicrobiens et les profils montraient un lien épidémiologique compatible entre les souches en provenance du Népal et celles présentes en Haïti », indiquent les différents tests conduits par ces chercheurs. Les résultats de cette observation ont été publiés le 23 août sur le site du laboratoire de la société américaine pour la microbiologie.

Le 7 juillet 2011, les conclusions d’une autre enquête, dirigée par des experts des centres de contrôle et de prévention des maladies (Centers for disease control and prevention) des États-Unis d’Amérique, avaient établi des liens directs entre la présence des casques bleus népalais dans le pays et l’épidémie de choléra. Dès l’apparition des premiers cas de choléra au cours du mois d’octobre 2010 dans le Plateau Central, le contingent népalais, basé dans ce département, avait été pointé par la population.

Des excrétas, en provenance de cette base de casques bleus, avaient été déversés dans une rivière qui sert de point de ravitaillement d’eau aux habitants de la zone, selon les toutes premières informations. Cependant, les autorités de la Minustah en Haïti ont toujours vigoureusement rejeté toute responsabilité dans l’apparition du choléra dans le pays.

Au 12 août 2011, 6 194 personnes ont péri de l’épidémie sur 428 785 cas d’infection, selon le dernier décompte officiel du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP).

 

>> La lumière sera t-elle faite sur les déversements de matières fécales à Hinche ?

L’agence en ligne AlterPresse a publié, le 25 août 2011 un communiqué de la Minustah, qui « dément formellement être responsable du déversement de déchêts à Hinche ou ailleurs sur le territoire haïtien » suite aux accusations de certains habitants de la zone, qui aurait assisté, les 6 et 21 août, à deux déversement de matières fécales près de la rivière Guayamouc et sur une ligne de canalisation dans la localité de Marmont. La première fois <http://www.alterpresse.org/spip.php?article11380>, le porte-parole de la MINUSTAH avait déjà fait valoir cette position <http://www.alterpresse.org/spip.php?article11396>. Puis, contre toute attente, un deuxième déversement <http://www.alterpresse.org/spip.php?article11428>d'un container entier de matières fécales s’est produit.

Parallèlement, des autorités locales, dont le maire de Hinche, André Renard, soutiennent le contraire et, à propos du démenti de la MINUSTAH, il a eu à déclarer à AlterPresse : « chaque prêtre prêche pour sa paroisse ». Dans divers témoignages, des riverains en colère à Hinche continuent de tenir la Minustah pour responsable des déversements.

 Soucieuse du droit à l’information du public, AlterPresse restera attentive à toutes suites que pourrait avoir ce dossier. Elle estime qu’à ce stade il appartient aux autorités de faire la lumière sur cette situation, alors que l’épidémie de choléra demeure un danger permanent. De plus, notre environnement déjà dégradé et fragilisé ne saurait être constamment ni impunément souillé par des déchets humains qui doivent être gérés avec précaution et un sens poussé de responsabilité.

 Il est temps, donc, que la police nationale, la justice, le parlement et les autorités gouvernementales prennent à cœur cette question d’intérêt primordial pour la population de Hinche et pour la population haïtienne dans son ensemble.

Les institutions nationales ont le devoir de fixer les responsabilités dans cette affaire et de prendre des dispositions appropriées pour assurer la protection des vies humaines et la préservation de l’environnement.

 

 >> Protection civile : Formation et sensibilisation dans 4 départements à la gestion des risques et des désastres

Un programme de formation et de sensibilisation sur la gestion des catastrophes naturelles, pour les habitants de 4 départements en Haïti, est en cours dans le pays, depuis juin 2011, avec l’appui du service d’aide humanitaire de la délégation de l’Union européenne (UE).

Les départements de l’Artibonite, de l’Ouest, du Sud-Est et des Nippes (une partie du Sud-Ouest d’Haïti) ont été choisis en fonction de leur exposition aux dangers que représentent les perturbations naturelles. Permettre aux populations de ces 4 départements de se préparer pour faire face aux risques associés aux phénomènes naturels, tel est l’objectif de ce programme divisé en 11 projets. Dans cette même perspective, des formations seront aussi données au personnel d’institutions publiques de ces zones. Les séances de formation seront axées sur l’évacuation, des campagnes de sensibilisation et l’éducation des gens. « On veut que, quand il y a une alerte, les gens sachent ce qu’il faut  faire » pour “sauver des vies”, explique Daniel Ureña, expert responsable de la réduction des risques et des désastres au sein de la commission européenne.

 Les actions de « sauvetage les plus efficaces sont fruits de populations elles-mêmes, pendant et après les catastrophes », estime Paul Webber, chargé d’affaires de la délégation de l’UE. « Les communautés doivent [être à même] d’assurer les premiers soins » c'est-à-dire être en mesure «d'indiquer de quoi elles ont besoin (en cas de catastrophes naturelles)» pour une meilleure accélération de l’aide humanitaire, souhaitent les responsables de ce programme de formation et de sensibilisation sur la gestion des catastrophes naturelles.

   En cours d’exécution depuis le début du mois de juin, le programme de formation et de sensibilisation doit prendre fin le 31 décembre 2012. Plus d’un million de personnes devraient bénéficier des 11 projets cités, financés à hauteur de 316 millions de gourdes, soit 5 millions et demi d’euros. En plus de l’Union Européenne et des structures départementales de la protection civile en Haïti, d’autres partenaires, tels la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et l’Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) interviendront dans la mise en œuvre des différentes activités.

 

>> Environ 600 mille personnes déplacées dans les camps, 19 mois après le séisme

 

19 mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, plus de 590 mille personnes déplacées continuent de vivre encore dans les tentes, selon les chiffres fournis par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et rapportés par la station privée Radio Métropole. Ces personnes résident dans environ 1 000 camps de déplacement, principalement répartis autour de la capitale Port-au-Prince. Une majorité de ces personnes déplacées, qui souhaitent vivre dans de meilleures conditions de logement, font face à des difficultés financières pour pouvoir quitter les camps. L’extrême pauvreté, aggravée par le séisme de janvier 2010, a laissé des milliers de personnes sans abris, révèle un sondage dont les conclusions sont publiées en août 2011 sur le site de l’OIM.

Dans cette période d’ouragans, les conditions déplorables de vie (inconfort et insécurité posés par la vie dans des tentes ou sous des bâches en plastique), les camps constituent un facteur important de risques, notamment dans la propagation de l’épidémie du choléra. 94% des gens vivant dans les camps partiraient s'ils pouvaient trouver un autre logement. La plupart des personnes interrogées ont déclaré que, si elles devaient partir immédiatement, elles n’auraient pas les moyens de payer un loyer ou les ressources pour réparer ou remplacer leurs maisons endommagées ou détruites, signale le sondage réalisé par l’OIM, l'ONG Action pour la Coopération Technique et le Développement (ACTED) et Communication with Disaster Affected Communities (CDAC).

 

« Ce sondage fournit des preuves factuelles de la nécessité de communiquer plus et mieux avec la population touchée par le séisme », déclare Ben Noble, coordinateur de CDAC - Haïti. « Tous les partenaires humanitaires doivent mieux évaluer les besoins d’informations de ces communautés, pour pouvoir adapter et concevoir des projets de relogement et de retour, en fonction des besoins et des inquiétudes exprimés par les personnes déplacées ». L'analyse du sondage préconise d'apporter une aide financière aux personnes déplacées, de mettre au point plus d'activités génératrices de revenus et de possibilités de micro-crédits, de réparer rapidement les maisons endommagées et de construire des logements permanents et des infrastructures-clés.

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - mercredi 6 avril 2011

N°1004 - 06 avril 2011

  •  Martelly déclaré vainqueur de la présidentielle du 20 mars ; un hold up électoral selon Mirlande Manigat  
  • Des difficultés redoutables pour le prochain gouvernement, aux yeux des Nations Unies  
  • Effets multiplicateurs de la hausse de l’essence sur les prix des biens essentiels  
  • 20 avril: désormais journée nationale de la diaspora  
  • EN BREF : Devoir de mémoire, 11 ans après l’assassinat de Jean Dominique et de Jean-Claude Louissaint / Menaces contre la liberté de presse après les résultats préliminaires 

 

>> Martelly déclaré vainqueur de la présidentielle du 20 mars ; un hold up électoral selon Mirlande Manigat

 A moins d’un revirement spectaculaire, au terme de la période de contestations, l’ex-chanteur Michel Joseph Martelly sera proclamé, le 16 avril prochain, nouveau président d’Haïti en remplacement du président sortant René Garcia Préval.

 La “real politic”, qui aurait triomphé, donne à Martelly 716 986 votes, soit 67.6%, contre 336 747 voix, soit 31.7% à sa rivale Mirlande Manigat. Le conseil électoral provisoire (CEP) évoque 7 356 votes exprimés pour aucun des deux candidats à la présidentielle et 358 procès-verbaux “mis à l’écart avec motif”.

 Les résultats préliminaires, rendus publics le 4 avril 2011, laissent voir une participation d’environ un million (1 061 089) d’électeurs sur 4 millions 700 mille personnes en âge de voter.

 Autrement dit, plus de 3 millions de personnes n’ont pas pris part, pour des raisons multiples, au long et tortueux processus électoral de 2010, marqué notamment par des fraudes et irrégularités ainsi que par une manipulation des résultats.

 « En raison du niveau de fraudes et d’irrégularités », le CEP avait décidé de repousser au 4 avril la date de publication des résultats préliminaires initialement prévus pour le 31 mars 2011. 14% des procès-verbaux ont été considérés comme « manifestement frauduleux », selon l’institution électorale.

 Aux législatives, le niveau de participation semble avoir été moindre, plusieurs candidats “déclarés élus” ayant obtenu seulement 2 mille suffrages dans diverses circonscriptions électorales.

 Des couches populaires ont exulté à l’annonce des résultats préliminaires, annoncés dans la matinée du 4 avril par plusieurs médias internationaux avant même l’annonce officielle en Haïti. Divers pans de la communauté internationale, qui saluent sans euphorie la publication des résultats préliminaires, appellent les candidats s’estimant lésés à faire valoir leurs droits à la contestation dans le cadre du processus de contentieux, prévu par la loi électorale.

 Les résultats préliminaires pour la présidentielle laisseraient peu de place à la contestation, tant l’écart déclaré entre les 2 postulants paraît immense, avancent les milieux politiques dans la capitale haïtienne.

 Martelly, déclaré élu au second tour du 20 mars 2011, aurait déjà entamé des tractations pour la formation du prochain gouvernement, en consultation avec le futur parlement où aucun parti politique n’aura la majorité absolue donnant droit au choix d’un premier ministre favorable au camp majoritaire dans les 2 chambres.

 Les relations avec le législatif seront fructueuses et génératrices de « résultats » et non de conflits, annonce Martelly promettant d'œuvrer à la réconciliation nationale, de travailler avec la communauté internationale pour « le bonheur d’Haïti ». Il préparera un calendrier de retrait des forces multinationales, et aussi travaillera au bon fonctionnement des institutions en terme de « création d’emplois, d’accès à l’éducation, à la santé et à la justice pour tous ».

 « Par-delà nos différences et nos divergences, un même rêve nous habite (…) : Haïti plus belle, Haïti plus juste, Haïti régénérée », soutient Martelly, soulignant son « profond respect » pour Mirlande Manigat et ses partisans.

 Après une carrière musicale à succès marqué par ses comportements extravertis et la grivoiserie, Michel Martelly se prépare à assumer bientôt le pouvoir en tant que 56e chef d’État d’Haïti.

 En dépit du fait de n’avoir pas été sur la scène politique, Martelly a appuyé le sanglant putsch militaire contre l’expérience démocratique de 1991, lorsque le président Jean Bertrand Aristide était parvenu au pouvoir pour son premier mandat.

 Après le premier tour de scrutin le 28 novembre 2010, la campagne électorale pour le deuxième tour a été caractérisée par la violence, dont les principales victimes étaient des partisans de la candidate Mirlande Manigat. Deux de ses poseurs d’affiche ont été tués et un autre demeure à ce jour porté disparu.

 Manifestant sa préoccupation pour l’avenir du pays, sans indiquer son intention de contester les résultats préliminaires, la candidate Mirlande Manigat dénonce l’introduction de 107 procès-verbaux frauduleux, par le président du Cep Gaillot Dorsainvil, au profit de Martelly.

 La visite “occulte”, dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 avril, effectuée au centre de tabulation de votes (Ctv), par Gaillot Dorsainvil, en compagnie de plusieurs autres conseillers électoraux, « avait un but : falsifier les résultats ». Il s’agissait d’« une opération de type mafieux, dans laquelle l’audace, la corruption, les intérêts, les promesses et les menaces ont joué un rôle inégalé dans notre histoire ».

 Ces résultats (du 4 avril 2011) caractérisent une mainmise sur le pouvoir. « Jamais auparavant nous n’avions assisté à ce véritable hold-up sur le pouvoir… Nous sommes indignés légitimement, mais pas du tout abattus », affirme Mirlande Manigat.

 

>> Des difficultés redoutables pour le prochain gouvernement, aux yeux des Nations Unies.

 « Le prochain président haïtien pourrait bien devoir faire face à une longue période de cohabitation difficile avec un parlement divisé où règnent les dissensions », affirme le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki Moon, dans un rapport paru le jeudi 31 mars 2011.

 Il « héritera de difficultés redoutables, auxquelles viendront s’ajouter le début de la prochaine saison des ouragans, l’absence de compétence du secteur public et la désillusion croissante de la population quant à la classe politique actuelle ».

 La seule issue, dans ce contexte, sera d’établir un État de droit en Haïti, devant se traduire dans la résolution du cas de Jean-Claude Duvalier (de retour en Haïti depuis le 16 janvier 2011) « un véritable système foncier et d’identification des citoyens, de code de construction et de lois commerciales… pour parvenir à la paix et à la prospérité durables », souligne Ban Ki Moon.

 « Il est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire (Duvalier)… en traduisant en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, elles diront clairement aux Haïtiens que l’impunité ne peut pas régner dans le pays ».

 Mais, « cela demandera un engagement sincère, pour mettre en place un pouvoir judiciaire indépendant et efficace, un Parlement qui rende compte au peuple et ne soit pas mû par des intérêts particuliers et un gouvernement transparent, qui réponde aux besoins du pays et qui représente véritablement les Haïtiens », reconnait-il.  

 

>> Effets multiplicateurs de la hausse de l’essence sur les prix des biens essentiels

 Les prix des produits alimentaires ont subi une nette hausse suite à l’augmentation, le 23 mars 2011, des prix de l’essence, témoignent à AlterPresse des vendeurs et vendeuses.

 Le prix du sac de sucre est passé de 2 500 à 2 600 gourdes alors que celui du riz se vend aujourd’hui à 1 000 gourdes contre 800 gourdes avant la hausse des prix du carburant.

 Une caisse d’huile de cuisine coûte 1 680 gourdes, soit 200 gourdes de plus que la semaine dernière.

 Depuis le 23 mars, le gallon de gazoline 95 est passé de 176.00 à 200.00 gourdes, celui de la gazoline 91 octane de 172.00 à 195.00 gourdes, celui du gazole de 119.00 à 162.00 et celui du kérosène (gaz blanc, très utilisé par les ménages en Haïti) de 112.00 à 161.00 gourdes.

 

 >> 20 avril: désormais journée nationale de la diaspora

 La date du 20 avril est décrétée : « journée nationale de la diaspora ». Le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHVAE) a choisi d’utiliser un outil tiré d’une manifestation, organisée par la diaspora le 20 avril 1990 à New York face à la stigmatisation liée au VIH-Sida, ayant réuni plus de 120 000 personnes par delà les divisions sociales, religieuses et politiques. Cette manifestation apolitique considérée comme la plus importante que la diaspora ait organisé, a donné lieu, pour certains, à une expérience vivante de notre devise : « L’Union fait la force ».  

 

 >> EN BREF : Devoir de mémoire, 11 ans après l’assassinat de Jean Dominique et de Jean-Claude Louissaint / Menaces contre la liberté de presse après les résultats préliminaires.

 Devoir de mémoire, 11 ans après l’assassinat de Jean Dominique et de Jean-Claude Louissaint : l’office de la protection de la citoyenne et du citoyen (OPC) a attiré l’attention sur l’absence d’éclaircissement de la justice sur le cas de Jean Dominique, directeur de Radio Haïti Inter, et du gardien Jean Claude Louissaint, assassinés le 3 avril 2000 dans la cour de la station.

 Menaces contre la liberté de presse après les résultats préliminaires : après la publication des résultats préliminaires de la présidentielle et des législatives, dans un contexte de menaces ouvertes contre la station privée Radio Télévision Caraïbes (RTVC), des individus menacent de s’en prendre aux journalistes qui n’avaient pas appuyé Michel Martelly en leur interdisant l’accès au parlement. A suivre.  

 

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Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - mercredi 16 mars 2011

  • Perturbations inquiétantes à l’approche du second tour présidentiel et législatif
  •  Solidarité nationale et internationale envers la Presse après les propos menaçants du candidat Martelly  
  • Agitation pour un retour physique de l’ancien président Aristide  
  • Tsunamis et tremblement de terre toujours possibles en Haïti

 

>> Perturbations inquiétantes à l’approche du second tour présidentiel et législatif

Plusieurs zones d'ombres apparaissent au tableau du deuxième tour de scrutin présidentiel et législatif, ce dimanche 20 mars 2011, malgré l’apparente satisfaction du Conseil électoral provisoire (CEP) sur les améliorations apportées dans le processus.

En début de semaine, l’organisme électoral a interdit les manifestations de rue pendant le déroulement du scrutin. Le CEP n’a toujours pas publié les statistiques des votants et celles obtenues par les différents candidats au premier tour de la présidentielle et des législatives du 28 novembre 2010.

Est-ce que l’organisme électoral adoptera la même attitude après le scrutin de dimanche prochain, en gardant secrets (comme pour le premier tour) le taux de participation, le pourcentage d’abstention d’électrices et d’électeurs, ainsi que les votes obtenus par les différents candidats s’interrogent les observateurs.

Quelles dispositions sont arrêtées effectivement pour prévenir la répétition de fraudes et irrégularités flagrantes constatées le 28 novembre 2010 ?

Au moins deux poseurs d’affiches de la candidate à la présidence Mirlande Manigat ont été tués la semaine dernière, dans des circonstances non encore éclaircies, et un autre est toujours porté disparu, après leur arrestation par des agents de la police nationale d’Haïti (PNH). Un membre du regroupement “Alternative” a été assassiné par balles dans le Nord-Ouest.

Un plan intégré de sécurité, pour le jour du vote du 20 mars, est certes planifié par la mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) et la PNH. Cependant, les actes de violence, qui continuent d’émailler les derniers jours de la campagne électorale, préoccupent de nombreux secteurs, y compris la Minustah et la PNH (laquelle affirme sa neutralité dans le processus en cours).

« Tout discours, appelant à descendre dans la rue avant la publication des résultats des élections par le CEP, viole la loi électorale, décrédibilise le processus électoral et ignore la volonté souveraine du peuple, telle qu’exprimée dans les urnes », avertit la mission onusienne.

Mardi 15 mars à Mirebalais, plusieurs personnes ont été légèrement blessées au moment d’une violente interruption de la campagne de la candidate à la présidence Mirlande Manigat par des partisans de Michel Martelly. Par ailleurs, des membres du camp de celui-ci, menacent ouvertement d’incendier le pays si leur candidat ne l’emporte pas sur sa rivale.

Mirlande Manigat dénonce l’intolérance ainsi que les préparatifs de mise en place d’une milice “rose” et les signes avant-coureurs d’une dictature (en gestation) dans le camp Martelly.

Tout en affirmant condamner les violences enregistrées, Martelly évoque de possibles infiltrations de groupes qu’il n’a pas identifiés dans les réunions de campagne de sa rivale.

Cependant, Martelly laisse croire que ses partisans pourraient gagner les rues, à l’instar des violentes manifestations de début décembre 2010, après la publication des résultats préliminaires du premier tour du scrutin du 28 novembre dernier.

Dans l’intervalle, l’accent est davantage mis sur la présidentielle au détriment des législatives, lesquelles représentent un enjeu important pour la prochaine configuration du nouveau gouvernement. Aucun des deux candidats à la présidentielle ne disposera de majorité au prochain parlement, à moins d’alliances avec les futurs élus sénateurs et députés.

Personne ne sait, à présent, à quelle date le transfert de pouvoir sera effectué entre l’équipe sortante du président René Garcia Préval et les nouveaux élus, dans un contexte de non respect des échéances constitutionnelles.

 

>> Solidarité nationale et internationale envers la Presse après les propos menaçants du candidat Martelly

La presse nationale et internationale exprime sa solidarité envers les journalistes Haïtiens, après les propos menaçants proférés à l’encontre de l’éditeur et journaliste de l’agence en ligne AlterPresse, Gotson Pierre, par le candidat Martelly, interrogé sur ses capacités de gestion dans un débat télévisé le 9 mars.

Michel Martelly a ouvertement évoqué “des représailles de la rue” envers les journalistes qui s’aviseraient de continuer à poser des questions jugées embarrassantes.

Plusieurs associations de presse, nationales et internationales, s’interrogent sur cette velléité de faire taire la liberté de presse et d’expression, sous un éventuel gouvernement de Michel Martelly. Elles invitent notamment à la vigilance de la société face à toute tentative de bâillonnement de la liberté de presse et d’expression. Le comportement de Michel Martelly est interprété comme un « mauvais signal pour l’avenir des luttes démocratiques et populaires à travers le pays ».

Le Groupe Médialternatif (GM), responsable de la publication AlterPresse, exhorte la presse en Haïti à prendre garde aux menaces de Michel Martelly.

“Les graves déclarations du candidat peuvent être considérées, à raison, comme des menaces à la liberté de la presse et d’expression, qui sont des acquis du 7 février 1986, date de la chute de la dictature sanguinaire des Duvalier”, signale le groupe dans une note en date du 11 mars 2011.

 

>> Agitation pour un retour physique de l’ancien président Aristide

Par des déclarations et des banderoles dans les rues, les partisans de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, réfugié en Afrique du Sud, depuis février 2004, annoncent son retour physique imminent en Haïti, peut-être avant la tenue du deuxième tour de scrutin présidentiel et législatif du 20 mars.

« Je ne vois aucun problème à ce que Jean Bertrand Aristide revienne dans son pays s’il le désire. D’ailleurs, c’est quelqu’un qui est très formé qui a profité de son exil en Afrique du Sud pour meubler ses connaissances. Donc, il peut être utile à son pays notamment dans le domaine de l’éducation. Personnellement, je n’ai aucun problème avec le retour d’Aristide », déclare Mirlande Manigat, lors d’une conférence de presse le 14 mars.

« Comme Jean Claude Duvalier, Jean Bertrand Aristide peut revenir dans son pays à n’importe quel moment. Je n’ai aucune objection à son éventuel retour”, fait savoir, pour sa part, Michel Martelly, lors d’une conférence de presse le même jour.

Cependant, « si j’avais le pouvoir je lui demanderais seulement d’attendre la fin du 2e tour des élections », ajoute Martelly.

Le 1er mars 2011, l’ambassadeur français en Haïti Didier Le Bret considérait mal venue l’idée d’un retour d’Aristide avant la tenue du second tour de scrutin le dimanche 20 mars. L’administration du président américain Barack Obama a demandé, le lundi 14 mars, à l’ancien président Aristide de « différer son retour ».

« Un retour cette semaine ne peut être vu que comme le choix conscient d’avoir un impact sur les élections en Haïti. Nous demandons instamment à l’ancien président Aristide de différer son retour jusqu’après l’élection afin de permettre aux Haïtiens de voter dans une atmosphère pacifique », indiquait Mark Toner, porte-parole du département d’Etat.

Indiquant que « le retour attendu à Port-au-Prince de son client n’avait rien à voir avec le scrutin de dimanche », l’avocat américain d’Aristide, Ira Kurzban, a rejeté la proposition étasunienne.

 

 >> Tsunamis et tremblement de terre toujours possibles de nouveau en Haïti

Des spécialistes haïtiens et internationaux mettent en garde contre la possibilité de tsunamis et de nouveaux tremblements de terre en Haïti, en considérant l’activité des failles qui traversent le pays.

Depuis 2010, le Bureau haïtien des mines et de l’énergie (BME) a averti du risque de tsunami dans le Nord du pays à une date non encore déterminée. Des dispositions de prévention sont prévues dans le cadre d’un projet adopté récemment par la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH).

Des tsunamis mineurs ont été signalés sur certaines côtes d’Haïti après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010. Cette semaine, après les dégâts enregistrés le 11 mars au Japon, l’agence des réponses urgentes aux désastres (CDERA), basée en Guyane française, a lancé une alerte sur la vulnérabilité des îles caribéennes aux tsunamis.

D’ après les experts internationaux de cette agence, il manque à la région un système d’alerte pour anticiper l’arrivée de ces phénomènes naturels, tandis que l’achèvement d’un observatoire ne devrait pas être atteint avant 2014.

La surveillance de la région est menée par le Centre d’alerte aux tsunamis du pacifique, situé à Hawaï.En raison de la structure géologique de la région, un possible séisme ou une éruption volcanique aurait un effet dévastateur sur les îles des Caraïbes, signale la CDERA.

Durant les 500 dernières années, la région des Caraïbes a connu 88 tsunamis dont le plus important, en 1946, a fait environ 1600 morts.

 

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - mercredi 26 janvier 2011

  • Haïti sous des charbons ardents…  
  • La plateforme au pouvoir accepte de perdre la présidence sous la pression de la communauté internationale  
  • Visite surprise de Préval en République Dominicaine  
  • Duvalier : Appels d’organisations nationales et internationales pour lutter contre l’impunité

 

>> Haïti sous des charbons ardents…

 Les observateurs s’interrogent sur la conjonction d’une série d’événements, les uns plus surprenants que les autres, en ce début d’année 2011 en Haïti.

 L’apparition soudaine, le mercredi 26 janvier sur la scène politique nationale, d’un groupe d’anciens militaires, s’identifiant comme “fusils croisés d’Amérique noire” et affirmant leur volonté de sortir de l’exclusion, laisse se profiler des soubresauts politiques incertains pour les mois à venir, dans un contexte de fin de mandat présidentiel et de renouvellement bloqué des instances de pouvoir présidentiel, législatif et territorial.

 Parallèlement, le 26 janvier, des partisans lavalas ont tenu un sit-in devant l’ambassade américaine (au nord-est de la capitale) pour exiger la contribution de l’administration du président Barack Obama au retour physique de l’ex-président Aristide en exil en Afrique du Sud depuis 2004.

 A côté des revendications pour un logement décent des personnes déplacées après le tremblement de terre du 12 janvier, le retrait de la plateforme au pouvoir “Inite”, de la course à la présidence, la brusque entrée en scène d’anciens militaires et le mouvement de rues en faveur d’Aristide sont des faits marquants qui viennent se greffer, sur différents sujets de préoccupation politique : la crise électorale, le retour inattendu de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier dans le pays, la visite surprise de René Préval en République Dominicaine à quelques semaines de la fin de son mandat présidentiel.

 

>> La plateforme au pouvoir accepte de perdre la présidence sous la pression de la communauté internationale

 Le mercredi 26 janvier 2011 la nouvelle a été confirmée. Face aux pressions de la communauté internationale, exigeant l’application des recommandations d’une commission technique de l’organisation des Etats américains (OEA), la plateforme au pouvoir “Inite” (Unité) accepte officiellement de faire retrait de son candidat à la course présidentielle.

 Désormais, d’ici vraisemblablement le 20 mars 2011, ce seront Myrlande Hyppolite Manigat, créditée de 31.37 % dans les résultats préliminaires du 7 décembre 2010, et Joseph Michel Martelly (21.37%) qui s’affronteront au deuxième tour, au détriment de Jude Célestin (qui avait obtenu 22.48 % suivant les chiffres du Conseil électoral provisoire).

 Le rapport de la commission technique de l’OEA préconisait de mettre Martelly à la place de Célestin, sur la base du nouveau décompte des procès-verbaux de la présidentielle du 28 novembre 2010, au cours de laquelle des fraudes et irrégularités massives ont été dénoncées.

 Au lendemain de la remise du rapport, des proches du pouvoir ont semé des troubles au sud de la capitale, le vendredi 14 janvier. Arrêtés par la Police Nationale d’Haïti (PNH), ils ont été libérés malgré l’évidence de leur participation à des troubles à l’ordre public et à des actes de vagabondage. Certains circulaient dans des véhicules portant des plaques minéralogiques de la République Dominicaine.

 Faisant allusion aux pressions de la communauté internationale, dont la suppression de visas d’entrée aux États-Unis d’Amérique que détenaient plusieurs proches du pouvoir, le coordonnateur de la plateforme “Inite”, le sénateur du département géographique du Sud-Est, Joseph Lambert, considère que la république d’Haïti n’est pas prête à faire face à un embargo, voire d’autres sanctions internationales.

 Contacté par l’agence en ligne AlterPresse, un dirigeant de la plateforme “Inite”, qui souhaite garder l’anonymat, évoque une “décision patriotique” dans les circonstances actuelles, où le pays se retrouve très affaibli.

 Une douzaine de compétiteurs à la présidentielle, des dirigeants politiques ainsi que plusieurs organisations sociales continuent, malgré tout, d’exiger l’annulation du vote intervenu le 28 novembre, en raison d’irrégularités flagrantes, notamment la violation du droit d’électeurs qui n’ont pas pu exercer leurs suffrages, parce que leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales partielles mises en place dans beaucoup de bureaux de vote par le Conseil électoral provisoire.

 Entre-temps, une autre mission de 4 experts juridiques de l’OEA, en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, se trouve en Haïti, depuis le samedi 22 janvier, en vue d’accompagner la phase de contestations (du processus électoral) débutée le 24 janvier. Cette mission devra évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse, à la demande du Cep.

 

 >> Visite surprise de Préval en République Dominicaine

 Alors que son mandat prend fin officiellement le 7 février 2011, le président René Garcia Préval s’est déplacé à Santo Domingo, le samedi 22 janvier, pour s’entretenir pendant 3 heures avec son homologue dominicain Leonel Fernandez.

 Des interrogations fusent sur le caractère “impromptu” de la visite du chef d’Etat sortant haïtien en République Dominicaine, sur la teneur des discussions et sur le rôle que la République Dominicaine pourrait jouer dans le contexte de la crise post-électorale en Haïti, et d’expulsion de plus d’un millier de compatriotes (depuis début janvier 2011) du territoire voisin, sous prétexte de prévention de l’épidémie de choléra.

 Au terme des échanges, la République Dominicaine annonce sa disposition à jouer un rôle de “médiateur” dans la crise en Haïti.

 Le menu de ces échanges était le processus électoral, l’épidémie de choléra et le retour en Haïti de l’ex dictateur Jean Claude Duvalier, indique la presse internationale.

 La discussion était centrée autour de la situation « compliquée » dans laquelle se trouve le pays, a déclaré à la presse dominicaine le chef de l’Etat haïtien, qui, accompagné du premier ministre Jean Max Bellerive et de l’ambassadeur dominicain en Haïti, Rubens Silié, a fait le voyage dans un hélicoptère d’un consul dominicain en Haïti.

 A propos du retour depuis le dimanche 16 janvier 2011, de l’ex dictateur Jean Claude Duvalier, René Préval souligne que la Constitution ne reconnaît pas l’exil. L'ancien dictateur est en résidence surveillée et son cas est pris en charge par la justice, souligne Préval.

 Préval s’est également montré favorable au retour de Jean Bertrand Aristide en Haïti. Aristide, qui s’est réfugié depuis 2004 en Afrique du Sud sous la pression de multiples mobilisations et d’un mouvement armé, rêve de revenir à Port-au-Prince. Ses sympathisants en Haïti ont lancé, le week-end dernier, un appel en faveur de l’émission d’un passeport diplomatique pour l’ex président.

 

>> Duvalier : Appels d’organisations nationales et internationales pour lutter contre l’impunité

 Depuis le retour, en Haïti le 16 janvier, de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, qui avait fui le pays le 7 février 1986 (il y a 25 ans) face à la grogne populaire, de nombreuses voix, nationales et internationales, demandent l’ouverture d’une enquête approfondie sur les violations massives des droits de la personne qui ont caractérisé le régime entre 1971 et 1986.

 Après Amnesty International, qui a transmis la semaine dernière une documentation aux autorités haïtiennes, la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) – qui a soumis de nombreux rapports à l’OEA sur la situation des droits humains durant la période de la dictature -, tient à rappeler aux autorités nationales leur obligation d’enquêter, de poursuivre, de punir et de remédier aux atteintes des droits de la personne qui constituent des violations du droit national et international, conformément aux garanties judiciaires voulues telles qu’établies au sein de la Convention Américaine des Droits de l’Homme, de même qu’au sein d’autres instruments applicables.

« Le régime des Duvalier est [l'un des] premiers à avoir utilisé le viol pour punir les femmes qui voulaient défendre le droit à la parole », signale l’organisation “Solidarité des femmes haïtiennes (SOFA) qui entend « encourager toutes les victimes et toutes les familles de victimes à profiter pour porter plainte, afin que ce régime soit jugé comme il se doit ».

 « Nous femmes d’Haïti avons bonne mémoire, nous nous sommes toujours battues contre l’impunité, nous sommes certaines que certaines valeurs sont universelles. Tout criminel, dictateur, doit être jugé, rendre compte à la justice, et c’est pour cela qu’en Haïti nous devons exiger le jugement du régime duvaliériste afin d’obtenir justice et réparation ».  

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - vendredi 7 janvier 2011

  • Tentative de bilan de l’aide humanitaire et mise en question de l’action des Ong
  •  Des sismomètres opérationnels à partir du 12 janvier 2011
  •  Dossier : Gonaïves, encore vulnérable aux inondations…

 

>> Tentatives de bilan de l’aide humanitaire et mise en question de l’action des ONG

A quelques jours du premier anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier, une mise en question de l’action des Organisations Non Gouvernementales (ONG) revient à l’ordre du jour dans le cadre de tentatives de bilan de l’aide humanitaire post-séisme.

« L’aide humanitaire n’est pas faite pour répondre à des problèmes structurels à la base de la précarité des conditions de vie de la population haïtienne », considère Médecins du Monde Haïti.

 La communauté internationale devrait offrir son appui solidaire en éliminant « la barrière financière » et en permettant aux Haïtiens « d’avoir accès : aux soins de santé, à l’eau potable dans les bidonvilles et les zones rurales et à l’éducation primaire pour tous, particulièrement pour les handicapés », suggère MDM Haïti.

Des 21 millions d’euros dépensés au cours de l’année 2010 dans le cadre de sa réponse post-séisme, Action Contre la Faim (ACF), présente dans le pays depuis 1985, a consacré 45% aux activités touchant l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

 Soulignant un risque de dégradation de la situation nutritionnelle, l’organisation ACF compte développer, cette année, des axes stratégiques majeurs sur, entre autres, la réponse aux besoins primaires des populations, le renforcement des capacités de résilience individuelles, familiales, communautaires et institutionnelles, la prévention et la réduction des risques et vulnérabilités aux catastrophes naturelles.

 « Le risque est encore grand d’observer une dégradation de la situation nutritionnelle. En effet, une majorité de ménages n’a pas retrouvé des ressources économiques viables ; le nombre de personnes ayant retrouvé un emploi qualifié est encore loin des taux d’avant le séisme (qui eux-mêmes n’étaient pas importants) et le travail non qualifié journalier est resté à des niveaux très similaires », signale ACF.

Pour sa part, l’organisation internationale Oxfam identifie l’indécision du gouvernement haïtien, le manque de coordination des pays donneurs et le manque d’actions de la CIRH comme les principales causes pouvant expliquer le retard observé dans le processus de reconstruction d’Haïti après le terrible séisme du 12 janvier 2010.

« Ça a été une année pleine d’indécisions et cela a laissé la récupération de Haïti au point mort », critique l’organisation dans un rapport transmis à AlterPresse à l’approche du premier anniversaire de la tragédie qui a fait 300 000 morts, autant de blessés et 1,5 millions de sinistrés.

 Seulement 15% de la quantité d’abris provisoires nécessaire a été construite, tandis que seulement 5 % de décombres ont été enlevés. Seulement 2 milliards de dollars, soit 42% des fonds promis par la communauté internationale pour l’année écoulée, ont été débloqués, souligne le rapport.

>> Des sismomètres opérationnels à partir du 12 janvier 2011, jour de souvenir et de recueillement national

A partir du 12 janvier 2011, environ 5 sismomètres seront installés avec le concours de la communauté internationale, en des points stratégiques du territoire national.

 Malgré tout, font encore défaut des initiatives nationales visant des comportements et une gestion physique de l’espace en fonction des aléas sismiques. Cependant, des unités spécialisées du ministère des travaux publics, transports et communications (MTPTC) ont pu réaliser, en 2010, une évaluation de la structure physique des maisons et bâtiments dans plusieurs villes, spécialement dans les zones affectées par le tremblement de terre.

 Entre-temps, plusieurs associations nationales et internationales se préparent à honorer, à leur façon, la mémoire des personnes disparues le 12 janvier par diverses manifestations, y compris des expositions et conférences-débats.

 C’est seulement le jeudi 6 janvier 2011 que le gouvernement en Haïti a fait part d’un programme de commémoration (souvenir et recueillement national), étalé du 10 au 30 janvier 2011 dans la capitale Port-au-Prince et dans les municipalités touchées par le séisme.

 A l’occasion du premier anniversaire de la tragédie, un registre des personnes mortes et/ou disparues dans la catastrophe sera établi afin de collecter et traiter des données devant permettre à l’Etat de délivrer en bonne et due forme des certificats de décès susceptibles d’éviter au pays des problèmes de succession ou de graves conflits dans le domaine foncier.

 >> DOSSIER : Gonaives demeure encore vulnérable aux inondations, malgré d’importants travaux d’infrastructures

 Correspondance – Mergenat Exalus

 Malgré les importants travaux de drainage, curage des canaux, traitements des ravines et conservation de sols, réalisés par des organisations non-gouvernementales œuvrant aux Gonaïves (Nord d’Haïti), cette ville n’est toujours pas à l’abri des inondations.

 La cité de l’indépendance, qui garde encore les séquelles des derniers ouragans (Jeanne en 2004, Hanna et Ike en 2008), n’est toujours pas prête à faire face à d’éventuelles inondations.

  D’importants travaux sont en cours actuellement aux Gonaïves, ville côtière de 250 000 habitants, qui continue de faire face à la menace d’inondations, malgré la fin de la période cyclonique.

 Les intempéries, survenues la semaine dernière, en raison du passage d’un front froid sur le pays, ont provoqué des inquiétudes chez les populations. Dans certains quartiers, réputés vulnérables, comme Trou Sable, Ka-Soleil et Assifa, l’eau a envahi des cours et des maisons.

 Selon Faustin Joseph, technicien en appui au système de gestion de risques et de désastres de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Gonaïves court encore des risques à cause de la non-réalisation de certains travaux de traitement des bassins versants de Marmelade et Ennery (au nord de la ville).

 En s’appuyant sur une étude effectuée sur la problématique des inondations aux Gonaïves, Faustin Joseph a révélé que les bassins versants, qui apportent 70% des eaux vers la cité, sont l’une des principales causes des inondations enregistrées.

 En aval, d’importants travaux ont pourtant été effectués, notamment dans la rivière la Quinte. L’eau de la ravine Durée a été détournée.

 Suite à des travaux de maçonnerie et de bétonnage, un drain de ceinture du mont Bienac est alimenté, en saison pluvieuse, par les eaux de la Quinte et celles ruisselantes des bassins versants environnants. Ces eaux ne présentent plus de risque pour la ville.

 Cependant, il semble qu’il reste encore beaucoup à faire.

 Hérold St-Pierre, haut responsable départemental du ministère de l’agriculture, a annoncé la continuité des travaux de reprofilage de la Quinte. Cette rivière a été curée jusqu’à environ 40 mètres par le Centre National d’Equipement (CNE). Ces travaux doivent être finalisés dans le cadre d’un projet de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), appelé WINNER.

 St-Pierre a aussi précisé que, dans le but d’éviter l’effet d’entonnoir, les ponts Mapou et Gaudin, qui sont jetés sur la Quinte, seront élargis à 60 mètres et les travaux de construction ont déjà commencé.

 Ces travaux viendront s’ajouter à toute une série de mesures préventives et de préparation, prises cette année par les responsables locaux de la protection civile, pour parer aux risques de la saison cyclonique qui vient de s’achever.

 Il s’agit de l’installation de pluviomètres, de limnimètres (bâtons gradués) et d’un système d’alarme (sirène) sur tous les bassins versants, surtout ceux qui alimentent la Quinte.

 Ces instruments, au nombre de 9, ont été installés en vue de contrôler le débit, la montée des eaux, surtout en saison pluvieuse, et d’alerter la population au moment opportun.

 Ils sont contrôlés par un réseau d’agents, tous des ingénieurs-agronomes, qui ont pour mission d’alerter les autorités de la protection civile sur le niveau des eaux dans les rivières pour les suites nécessaires, selon Youdeline Cherizard Joseph, coordonnatrice du Comité Communal de la Protection Civile aux Gonaïves.

 La coordonnatrice a indiqué que la sirène d’alarme, qui fait partie de ce système d’alerte précoce, peut résonner sur une étendue de 10 kilomètres carrés.

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - lundi 27 décembre 2010

  • Noël 2010 : Une trêve de circonstance…  
  • Choléra : Les vodouisants de la Grande Anse réclament justice  
  • Regroupement familial : Des organisations françaises réclament un traitement égalitaire  
  • Penser la reconstruction avec le Plateau Central

 

>> Noël 2010 : Une trêve de circonstance…

 Les activités globales se déroulent comme à l’ordinaire en cette fin d’année 2010. Cependant, au-delà de la crise post-électorale issue des fraudes et irrégularités pendant le scrutin du 28 novembre, la vie est affectée à nouveau par une pénurie d’essence sur tout le territoire national, depuis le 17 décembre, comme durant les trois années précédentes.

 A la veille de Noël, de longues files de véhicules attendaient de faire le plein d’essence devant les stations de produits pétroliers. L’annonce du gouvernement, indiquant avoir autorisé les compagnies pétrolières à s’approvisionner par voie terrestre en République Dominicaine, n’a pas eu la vertu de calmer les automobilistes, la rareté de l’essence étant criante partout.

 A la mi-journée du 24 décembre, il paraissait plus aisé de s’approvisionner en essence dans différentes stations-service de la zone métropolitaine de la capitale.

 D’autre part, divers quartiers de la zone métropolitaine de la capitale sont privés de courant électrique public depuis plusieurs jours. Rien n’indique que le courant électrique sera rétabli pour la Noël et le reste des jours de 2010.

 Les transports publics fonctionnent, des bouchons sont même enregistrés sur bon nombre d’artères, la majorité des établissements scolaires est fermée, sauf quelques-uns qui remettent les bulletins d’évaluation périodique de fin d’année.

 En dépit des turbulences de début décembre, des compatriotes de la diaspora décident de rentrer, par avion, pour être avec leurs parents à l’occasion des fêtes traditionnelles de fin d’année. A l’aéroport international de Port-au-Prince, plusieurs dizaines de personnes sont allées chercher des proches et amis.

 Des voyageurs ont aussi résolu de tourner le dos à la capitale, pour retrouver les leurs en province, où le climat ambiant se révèle meilleur qu’à Port-au-Prince, généralement agitée.

 Côté environnement, un front froid plane sur Haïti, diffusant une brise légère et agréable en plusieurs endroits du pays avec une température autour des 20 degrés.

 Lors même que le coeur n’est pas à la fête, situation politique et épidémie de choléra obligent, la plupart des habitants se laissent gagner par l’atmosphère traditionnelle de trêve, qui accompagne la période de fin d’année en allumant leurs transistors, en mettant de la musique d’ambiance, en essayant de couler de la bière et d’autres boissons typiques du terroir (liqueurs, cocktails de noix de coco et de lait appelés “crémas”, etc.). Beaucoup passeront ce moment en famille ou auprès de proches, d’autres iront prier à l’église.

 Certains restaurants et d’autres établissements dansants, notamment à Pétionville (à l’est de la capitale) proposent des activités, des réveillons et autres spectacles à la fraction du public qui pourrait faire le déplacement, malgré les réalités dramatiques dans lesquelles est plongée la république caribéenne depuis quelques mois.

 Les magasins essaient, tant soit peu, d’offrir un air de détente et des biens de consommation à meilleur prix. Il reste, tout de même, que les calendriers de la nouvelle année sont très peu remarqués, le marasme économique ayant frappé toutes les couches.

 Les marchés publics bourdonnent d’activités et de produits agricoles du terroir, notamment de légumes et condiments pour apprêter la soupe typique de giraumont très appréciée par les familles haïtiennes pour saluer la nouvelle année qui pointe à l’horizon.

 Certaines municipalités prévoient des activités culturelles avec des enfants, qui recevront, à l’occasion, différents jouets et autres cadeaux.

 Nombreuses sont les personnes à avoir besoin de liquidités pour effectuer des transactions multiples, la plupart des bureaux, entreprises et autres ayant donné la paye du mois de décembre à leurs personnels, une paye comprenant des revenus supplémentaires appelés bonis, comme le stipule la loi haïtienne.

 Il en résulte de longues lignes de clientes et clients, très tôt dans la matinée, devant les succursales de toutes les banques, afin de pouvoir récupérer de quoi leur permettre de faire face au surplus de dépenses de la période.

 Seulement, attention aux pickpockets et autres bandits de grand chemin qui flairent généralement ces périodes de “vaches pleines” pour commettre leurs forfaits.

 En revanche, la police nationale d’Haïti (PNH) affirme avoir pris des dispositions institutionnelles pour contrer les mauvais desseins des lascars.

 Contrairement aux années précédentes, les voeux ne fusent pas en masse, excepté que tout un chacun souhaite une nouvelle année 2011 moins catastrophique, à quelques semaines du premier anniversaire douloureux du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010.

 

>> Choléra : Les vodouisants de la Grande Anse réclament justice

 L’association des vodouisants de la Grande Anse (Avoga / Sud-Ouest d’Haïti) réclame que l’action publique soit mise en mouvement contre les assassins des individus accusés de répandre de la « poudre de choléra », selon la coordonnatrice de l’association, Rosemène Pierre.

 Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées à coup de machettes et, certaines fois, brûlées vives dans ce département, depuis début décembre, après avoir été accusées d’être les auteurs de sortilèges destinés à propager le choléra.

 Selon un bilan fourni par les autorités gouvernementales, le nombre des personnes lynchées dans ces circonstances se chiffre à 45, dont 40 dans le département de la Grande Anse.

 Lors d’une conférence de presse à la capitale, la ministre de la culture, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, a mis en garde contre cette pratique et a tenu à rappeler que les vodouisants n’ont rien à voir avec l’épidémie de choléra.

 La ministre a annoncé que la campagne de sensibilisation sur la maladie sera renforcée, en même temps que la justice sévira contre tous ceux qui s’attaquent aux vodouisants sous prétexte de propagation du choléra.

 Dans la Grande Anse, le bilan des victimes de l’épidémie est déjà particulièrement lourd, avec 236 morts institutionnels et environ 500 décès communautaires pour la période allant du 11 novembre au 20 décembre 2010, selon les autorités sanitaires.

 Médecins du monde, Médecins sans Frontière, avec le support de la Croix Rouge Allemande et l’assistance de la direction départementale sanitaire de la Grande Anse, représentent l’épine dorsale de la lutte contre l’épidémie dans ce département géographique.

 Jusqu’ici, 4 Centres de Traitement du Choléra (CTC) et 15 unités de traitement du choléra ont pu être mis en place.

 Par ailleurs, les troubles politiques, ayant suivi la publication des résultats préliminaires des élections du 28 novembre 2010, ont entravé les actions de secours vers les Irois, causant le décès de 7 personnes.

 L’épidémie de choléra, qui frappe le pays depuis un peu plus de deux mois, a déjà fait 2 591 décès, selon les derniers chiffres communiqués par les autorités sanitaires. 121 518 cas ont été vus, parmi lesquels 63 711 ont été hospitalisés, tandis que 61 917 autres ont bénéficié d’un exéat.

 Actuellement, le choléra tue quotidiennement environ 48 personnes à travers le pays.

 

>> Regroupement familial : Des organisations françaises réclament un traitement égalitaire

 Plusieurs organisations et associations françaises, dont le Collectif Haïti de France, réclament un traitement égalitaire dans le dossier du rapatriement des enfants haïtiens ayant leurs familles en France.

 Tout en saluant la décision du Ministère français des Affaires Etrangères de faciliter le rapatriement de 318 enfants adoptés, les organisations rappellent que plusieurs familles d’origine haïtienne attendent encore leurs propres enfants.

 « Beaucoup [de ces enfants] se trouvent toujours isolés depuis le séisme en Haïti, où ils ont perdu la personne qui s’occupait d’eux », lit-on dans un communiqué transmis le lundi 20 décembre à AlterPresse.

 « Nombreux sont ceux qui n’ont pas eu la chance d’être pris en charge et sont confiés à des voisins ou vivent seuls sous la responsabilité du plus âgé, dans des conditions très précaires, sans accès aux soins, sans école », expliquent les organisations.

 Selon les signataires du communiqué qui disent « relayer la douleur des familles d’origine haïtienne », « des papiers impossibles à trouver sont sans arrêt demandés » par l’Ambassade de France et l’Office des Migrations. Ainsi en Guyane des centaines d’enfants ne peuvent-ils pas retrouver leurs parents, parce que ceux-ci n’arrivent pas à obtenir le visa, souligne la note.

 « Nous manifestons notre incompréhension devant cette politique qui prive des enfants, déjà très éprouvés, d’un de leurs droits fondamentaux : vivre en famille ! ... Nous exigeons un traitement égalitaire dans l’intérêt des enfants et des familles ».

 Deux avions ont été affrétés pour le rapatriement, cette semaine, des 318 enfants attendus depuis des mois par leurs parents adoptifs.

 L’ancien ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, a, entre temps, été critiqué pour sa gestion du dossier. 6 enfants adoptés sont morts alors que la procédure traînait, selon SOS Haïti Enfants Adoptés.

 

>> Penser la reconstruction avec le Plateau Central

Le Plateau Central, département situé au Nord-Est d’Haïti, est apparemment délaissé. Peu d’infrastructures routières, pas d’eau potable, peu d’électricité. La région est plusieurs fois revenue dans l’actualité comme une zone de turbulence, comme lors des Législatives du 19 avril 2009, lorsqu’elle a été classée « zone rouge ». Mais derrière ces images obscures, demeurent une réalité tout à fait exceptionnelle et d’énormes potentialités.

La chute de Bassin Zim, Les grottes de Layaye et de Saltadère, qui se trouvent dans la commune de Hinche, pourrait attirer des centaines de visiteurs par jour. Mais, le manque d’infrastructures et l’érosion, qui diminue le débit de la chute, causeront sans doute la disparition de ce patrimoine d’ici quelques années.

Saut d’eau, décrété Parc Naturel, est une terre fertile, où il y a de l’eau en abondance. Grâce à ses grottes, réputées mystiques, notamment celles de Marotière et Doco, Saut d’eau pourrait devenir la plus grande destination touristique du pays. Malgré tout, Saut d’Eau ne peut pas nourrir ses fils. Des habitants interrogés n’ont pas caché leur insatisfaction face au gouvernement en place, qui, selon eux, n’a rien fait pour répondre à leurs besoins en termes d’accompagnement dans la production agricole et d’accès aux services sociaux de base.

« La maladie, la misère, le chômage, c’est notre lot quotidien », confie une militante d’organisation paysanne proche du Mouvement des Paysans de Papaye (MPP), l’une des plus importantes structures établies dans les milieux ruraux.

Il y a aussi la Centrale hydro électrique de Péligre, qui dessert la capitale depuis 1971 et qui doit alimenter la ville de Hinche. Le barrage, d’une hauteur de 72m, fonctionne à partir d’un lac artificiel, le lac de Péligre, qui peut également être une attraction touristique.

Depuis quelque temps, l’accès à une partie du Plateau Central a été amélioré grâce à la route nationale n° 3 qui atteint Mirebalais (60 km de Port-au-Prince).

Il reste qu’il faudrait pouvoir exploiter ce potentiel touristique, pour relancer l’activité économique et garantir à la collectivité des entrées importantes.

 

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - lundi 20 décembre 2010

  • Morosité à l’approche de Noël
  • La communauté internationale cherche à faire valider un processus électoral vicié, malgré l’ampleur des irrégularités
  • MSF préconise un renforcement de la disponibilité d’eau chlorée pour prévenir la propagation du choléra
  • Persécutions à l’encontre de ressortissants d’Haïti en République Dominicaine, sous prétexte de choléra
  • Dossier : situation alarmante du choléra dans le Sud d’Haïti

 

>> Morosité à l’approche de la Noël 2010 en Haïti

 A une semaine de la fête traditionnelle de Noël, préalable à la période généralement de relâche de fin d’année, la république caribéenne d’Haïti vit une morosité globale que des élections, insuffisamment préparées pour le renouvellement du personnel politique, ont exacerbée.

La situation tend à revenir au calme depuis la journée du vendredi 10 décembre, après les différents soubresauts politiques qui ont suivi la publication (dans la soirée du 7 décembre) de résultats préliminaires controversés pour le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre 2010.

Les transports publics fonctionnent comme à l’ordinaire, non seulement à l’intérieur de la capitale, mais aussi entre les différentes villes.

Les établissements scolaires, surpris par une fermeture forcée des classes, essaient de boucler les examens de fin d’année. Certains prévoient même de travailler avec écolières et écoliers le samedi 18 décembre afin de rattraper le retard accumulé dans le calendrier.

Déjà, des jours de suspension ont été enregistrés lors du passage du cyclone Tomas en novembre ainsi qu’à la veille et au lendemain du vote du 28 novembre.

Les vols internationaux et locaux ont repris, avec une affluence de passagères et de passagers. Malgré tout, des compatriotes de l’extérieur ont tout de même décidé de faire un saut dans leur pays natal pour échapper à la violence du froid dans les pays occidentaux.

Les magasins et banques commerciales ont rouvert leurs portes cette semaine. Mais, les décorations traditionnelles de Noël (quand elles existent) semblent contraster avec le milieu ambiant, même si les médias électroniques diffusent (par intervalles) des chansons de circonstance qui rappellent la saison des fêtes de Noël et de fin d’année.

Devant les réalités dramatiques actuelles, les bourses auraient tendance à se délier davantage pour des articles de consommation vitale stratégique, question de jouer la carte de la prudence.

Cependant, l’atmosphère est plutôt au coeur serré et à l’anxiété face à ce qui risque de se passer dans le pays au cas où aucune solution pertinente n’est trouvée à ce que beaucoup qualifient de “farce” ou de “mascarade”, de “parodie électorale” le 28 novembre écoulé.

De plus, l’extension de la maladie du choléra, qui a gagné désormais l’ensemble du territoire national en Haïti, inquiète et a des répercussions sur différentes actions de terrain préalablement planifiées.

En plus des casses de bureaux publics, d’entreprises privées et d’autres dégâts matériels considérables, provoqués par les turbulences de début décembre 2010, l’impact global du mouvement de protestations post-électorales dans les rues n’est pas encore évalué.

De nombreuses activités ont été suspendues.

Pour des raisons de sécurité objectives, certaines organisations internationales ont même décidé de faire partir du pays leur personnel expatrié, parfois en territoire voisin de la République Dominicaine. Question également de sécurité, les consignes sont également très strictes quant aux déplacements du personnel de diverses organisations, pas seulement sur le terrain, mais aussi et surtout de leurs domiciles à leurs bureaux

Quoi qu’il en soit, la population vaque normalement à ses occupations coutumières en essayant de s’approvisionner en biens essentiels, suivant les possibilités de chacune et de chacun, et en formant des voeux pour une nouvelle année 2011 moins tumultueuse que 2010, laquelle a apporté tremblement de terre dévastateur et ses conséquences immédiates sur le logement de milliers de personnes, une épidémie soudaine de choléra et un chaos post-électoral aux dimensions insoupçonnées.

>> La communauté internationale cherche à faire valider un processus électoral vicié, malgré l’ampleur des irrégularités

 Alors que l’Organisation des Etats Américains (OEA) est accusée d’avoir contribué à l’échec du processus électoral de 2010, cette organisation « hémisphérique » est sollicitée par le président René Garcia Préval en vue de fournir une « mission d’expertise d’appui à la vérification de la tabulation des votes », et une « mission d’assistance technique légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus électoral ».

Cette demande n’est pas bien vue par la classe politique, qui y voit une tentative de maintenir la dépendance du pays vis-à-vis de la communauté internationale ainsi qu’un non respect des institutions et des compétences locales.

Avec la Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’OEA a déjà conduit une mission d’observation électorale qui a validé le scrutin du 28 novembre, estimant que les irrégularités et fraudes dénoncées n’étaient pas suffisantes à invalider le processus.

 Des observateurs nationaux veulent une évaluation générale et non partielle du processus, contrairement au souhait du Conseil Electoral Provisoire (CEP) de former une commission de vérification « célère » de procès-verbaux pour seulement 3 des candidats à la présidentielle, pour tenter une sortie face aux violentes manifestations ayant suivi la publication de résultats préliminaires le 7 décembre..

 Le Conseil National d’Observation (CNO) et la Commission Justice et Paix de l’Eglise catholique romaine, qui ont adressé des lettres séparées au CEP, ne souhaitent pas prendre part à la Commission de vérification s’il n’y a pas d’entente politique entre tous les acteurs impliqués.

 Suivant les chiffres du CEP, la candidate Mirlande Manigat ( 31,37 % des voix) et le candidat officiel Jude Célestin (22.48 %.) devraient participer à un second tour le 16 janvier 2011, au détriment du chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position avec 21.84 % des voix.

 Le CNO estime que la vérification devrait se porter également sur les législatives et s’étendre au besoin à tout le matériel sensible : procès-verbaux, feuilles de décompte, listes électorales, bulletins, etc.

 Pour sa part, Justice et Paix, qui s’interroge sur les possibilités de sanction contre les auteurs des anomalies, rappelle que c’est l’ensemble du processus qui est entaché de fraudes massives et de violations des droits humains.

>> MSF préconise un renforcement de la disponibilité d’eau chlorée pour prévenir la propagation du choléra.

 L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) préconise un renforcement de la disponibilité d’eau chlorée dans la zone métropolitaine de la capitale Port-au-Prince et en province, notamment dans les zones éloignées des centres de décision, afin de prévenir la propagation à long terme de la maladie en Haïti.

 En plus des problèmes d’accès à l’eau potable, certains facteurs environnementaux, comme les lacunes dans le système d’assainissement global sur le territoire national, se révèlent propices à la propagation, à long terme, du choléra en Haïti, signale l’épidémiologiste Kate Alberti de MSF.

 Les côtes des rivières, des fleuves, des lacs et des océans, peuvent également encourager l’extension de l’épidémie du vibrio Cholerae en Haïti.

 94 172 cas, dont 2 323 personnes décédées, ont été enregistrés depuis l’apparition de la maladie le 19 octobre 2010, alors qu’on s’attend à 400 000 dans les 12 prochains mois, dont la moitié au cours des 3 prochains mois.

 Il y a à l’heure actuelle 105 unités de traitement du choléra, d’une capacité de 1.222 lits et 56 centres de traitement d’une capacité de 4.681 lits.

 Le gouvernement haïtien compte accorder un montant de 250 millions de gourdes supplémentaires [1 euro = 55.00 gourdes; US $ 1.00 = 41.00 gourdes aujourd’hui] au ministère de la santé publique et de la population (Mspp) en faveur de la lutte contre le choléra.

 Pour sa part, l’Union Européenne s’apprête à ajouter un montant de 10 millions d’euros à l’aide de 12 millions déjà engagés pour lutter contre l’épidémie en Haïti.

 « Les craintes de choléra, dues aux mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement, ont également convaincu de nombreuses personnes [déplacées après le tremblement de terre du 12 janvier] de chercher des solutions de relogement en dehors des camps », indique l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui fait état d’une diminution considérable de la population des camps, passant de 1,5 million de personnes en juillet à 1,35 million en septembre et à près d’un million en novembre 2010.

>> Persécutions à l’encontre de ressortissants d’Haïti en République Dominicaine, sous prétexte de choléra

 Pendant que se tenait, le 14 décembre à Santo Domingo, la 4è réunion de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), une chasse aux Haïtiens est entreprise à Puerto Plata, Sosua et d’autres aires touristiques au Nord de la République Dominicaine, rapporte la plate forme haïtienne Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) citant des sources dignes de foi. Se sentant aussi menacés par ces rafles, des Dominicains à la peau noire ont confié à des Haïtiens qu’ils ne circulent plus sans leur “cedulas” (cartes d’identité).

 Des dizaines de commerçantes et commerçants haïtiens, évoluant à Banica, Pedro Santana, Hondo Valle, Sabana Cruz et ailleurs dans la province d’ELIAS PIÑA, ont été arrêtés, puis déportés afin, disent les autorités, de combattre la propagation du choléra en République Dominicaine, écrit le quotidien El Nacional du 9 décembre 2010. « Les autorités dominicaines ont délogé des commerçants haïtiens durant des opérations réalisées dans des hôtels, des dortoirs, des résidences où ils passaient la nuit et dans leurs entrepôts de marchandises, en prévention du choléra », indique El Nacional.

>> Dossier : situation alarmante du choléra dans le Sud d’Haïti

Le bilan continue de s’alourdir, selon les autorités sanitaires locales: Jusqu’au 12 décembre, 1011 cas de contamination ont été enregistrés dans ce département, 61 personnes sont mortes dans les hôpitaux, des « dizaines de morts » en milieu rural, 8 cas recensés dans la prison des Cayes. Les communes les plus touchées par la maladie sont les Cayes et Aquin avec le plus grand nombre de cas, suivi de Port-à-Piment, de Saint-Louis du Sud et des Anglais. Un centre de traitement de choléra (Ctc), prévu pour être mis en place dans la localité de Simon, n’a d’ailleurs pas pu être opérationnel en raison des violents mouvements de protestation ayant suivi la publication des résultats des élections du 28 novembre par le Conseil électoral provisoire (Cep). En vue d’apporter une réponse rapide à la situation qui prévaut dans ce département, une rencontre de haut niveau a eu lieu au centre d’opération d’urgence (COU), le 2 décembre dernier, sous les auspices du Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti, Nigel Fisher, et de la directrice générale de la Protection Civile, Alta Jean Baptiste.

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - mercredi 24 novembre 2010

>> Ombres et inquiétudes pour le scrutin du 28 novembre en Haïti.

Une multiplication d’actes de violence (dont la mort de plusieurs personnes au cours d’affrontements entre partisans et candidats) et des menaces émaillant le processus depuis octobre, de nouvelles nominations suspectes au sein de l’appareil électoral pour la supervision du vote, soupçons de mainmise de l’Exécutif pour d’éventuelles magouilles, fraudes et activités de favoritisme pour les prétendants officiels, absence d’un programme véritable d’éducation civique expliquant le mode de votation, listes électorales non pertinentes, peu de considérations pour les revendications fondamentales des secteurs productifs, aucune velléité de réponses aux défis posés par les conséquences du tremblement de terre du 12 janvier : ce sont, entre autres, plusieurs manquements qui pourraient affecter le bon déroulement, voire la participation au scrutin présidentiel et législatif, prévu pour ce dimanche 28 novembre 2010 en Haïti, considèrent des analystes.

Environ 4,5 millions d’électrices et d’électeurs potentiels sont appelés à choisir 1 présidente ou 1 président parmi 19 prétendants, 11 sièges de sénateurs sur 96 candidates et candidats, ainsi que 99 sièges sur 816 postulantes et postulants à la chambre de députés, dans un scrutin mettant aux prises 66 regroupements et partis politiques.

Davantage d’investissements en ressources humaines et financières semblent avoir été consacrées pour l’observation électorale du processus, pour lequel 11 mille bureaux de vote sont installés et 14 millions de bulletins imprimés.

Des résultats préliminaires devraient être annoncés le 7 décembre prochain et la déclaration finale des résultats définitifs faite le 20 décembre, laissant l’opportunité à des candidats de déposer des plaintes le cas échéant.

Outre des spots dans les différents médias, les 931 candidates et candidats ont déployé divers moyens (affiches et bill-boards, meetings publics notamment en province, diffusion de messages de sensibilisation à travers des véhicules mobiles, y compris des cortèges de motocyclettes) en vue d’attirer le suffrage des électrices et électeurs, dans un contexte marqué par une expansion territoriale de l’épidémie de choléra, des manifestations violentes contre l’absentéisme gouvernemental et contre la force onusienne dans le pays, et par une impopularité grandissante des tenants du pouvoir.

« Le processus électoral suit son cours, le gouvernement et la vaste majorité des candidats sont déterminés à ce que ces élections se déroulent comme prévu le 28 novembre », malgré des incidents violents, des manifestations en partie politiquement motivées et une série de difficultés structurelles, déclarait, le mardi 23 novembre, le chef civil de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), le guatémaltèque Edmond Mulet.

L’Union européenne (Ue), qui met sur le compte de la frustration et d’un manque de communication les démonstrations de rue anti-Minustah, déroulées dans différents départements géographiques du pays la semaine dernière, ne voit aucun obstacle à la tenue du scrutin de dimanche.

« C’est vrai que les gens pourraient avoir peur de se rassembler (…). Mais il faudrait informer la population que ce n’est pas parce qu’on est ensemble dans un endroit en train de faire la file qu’on va attraper le choléra », indiquait le 22 novembre la cheffe de la délégation de l’Ue en Haïti, Lut Faber.

Pour sa part, l’ambassade américaine à Port-au-Prince, qui n’identifie aucun bénéfice dans un probable report du scrutin du 28 novembre, exhorte les Haïtiennes et Haïtiens à se rendre aux urnes dimanche.

Dans un communiqué, le Conseil électoral provisoire (Cep) « déplore les actes de violence et appelle instamment tous les secteurs de la vie nationale, les partis politiques, les autorités judiciaires et policières en particulier, à collaborer en posant des actions claires, concrètes, et proportionnelles en vue de rétablir un climat stable, calme et serein, nécessaire à l’organisation des élections ».

Beaucoup de personnes ne pourront pas retirer à temps leurs cartes d’identification nationale (Cin), susceptibles de leur permettre de voter.

Aucun éclaircissement n’est encore donné sur un écart statistique de plus 70 mille inscrits entre le chiffre (4 565 000) publié sur le site de l’office national d’identification (Oni) et celui potentiel (4 694 961) recensé par le Cep.

Sur le terrain, les résultats d’un sondage du Bureau de recherches en informatique et en développement (Brides), rendu public début novembre, placent en première position, au premier tour de la présidentielle, la candidate du rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), Mirlande Hyppolite Manigat, 70 ans, qui obtiendrait 30% d’opinions favorables contre 21% au candidat officiel Jude Célestin, dans les intentions de vote.

 

>> Risques de stigmatisation en Haïti et République Dominicaine avec l’expansion de la bactérie du choléra

A la fin de novembre 2010, environ 2 000 personnes seraient décédées de l’épidémie de choléra, qui sévit en Haïti depuis le mardi 19 octobre, tandis que 70 000 cas d’infection auraient été recensés, selon le coordonnateur humanitaire de l’Onu en Haïti, Nigel Fisher.

Le dernier bilan, établi par le ministère de la santé publique et de la population (Mspp), fait plutôt état de 1 415 morts et 60 240 cas d’infection.

13 décès ont été enregistrés au Pénitencier national (Port-au-Prince / Ouest), 4 à la prison de Mirebalais, 1 à celle de Hinche (Nord-Est), et 1 autre à Saint Marc (Nord). 50 autres détenus, atteints par le choléra dans ces mêmes départements, reçoivent des soins à l’intérieur des centres de détention.

Les données des autorités sanitaires haïtiennes indiquent que les départements des Nippes et de la Grande Anse (Sud-Ouest) sont épargnés par la maladie.

Cependant, le nombre de foyers de contagion aurait augmenté également, d’après les experts.

Plus de 200 000 personnes pourraient être contaminées dans les trois prochains mois, craint l’organisation panaméricaine de la santé.

Sur le terrain, de nouveaux modes de comportement sont constatés depuis l’apparition de la maladie. Plusieurs nationaux évitent de se donner la main et ont peur de consommer les produits locaux, comme le riz de l’Artibonite, les fruits de mer, les fruits, légumes et vivres des exploitations agricoles, au profit des produits agricoles importés.

La stigmatisation du choléra est lourde de conséquences pour les productrices et producteurs locaux, au même titre que pour les travailleuses et travailleurs du secteur informel, en particulier, les petites marchandes ambulantes de repas, de même que l’écrasante majorité de petites gens qui réalisent leur gagne pain dans les rues”, relève une plateforme de réseaux d’organisations paysannes, de femmes, de jeunes, d’écologistes à travers différents départements géographiques d’Haïti.

La polémique autour de l’implication des casques bleus dans l’apparition de la maladie en Haïti continue d’alimenter les débats à travers les médias.

La semaine dernière, 4 morts et une vingtaine de blessés ont été enregistrés lors d’une vague de protestations contre présence de la Minustah dans le pays.

Entre-temps, en République Dominicaine, tout semble indiquer que le choléra offre un terreau pour la stigmatisation des ressortissants haïtiens.

Certaines des dispositions gouvernementales dominicaines, comme l’arrêt temporaire de l’embauche de la main d’œuvre haïtienne dans les secteurs du tourisme et de la construction, visent directement les migrants haïtiens.

La maladie pourrait se convertir en un autre motif de stigmatisation contre les migrants haïtiens qui sont déjà accusés par les ultranationalistes dominicains d’être à l’origine de tous les maux connus par le pays voisin dont la pauvreté, le VIH Sida, le sous-développement...

En outre, les ultranationalistes dominicains profitent du moindre prétexte pour passer à l’attaque avec leur lourde artillerie : « trop d’haïtiens dans notre pays », « ils sont partout dans notre pays », « c’est une invasion pacifique haïtienne », « ils prennent nos emplois », « ils nous apportent tous leurs maux : misère, maladies, insalubrité, coutumes africaines sataniques », « ils sont une charge sociale »…

Le choléra, considéré comme maladie de la pauvreté, pourrait devenir une nouvelle étiquette collée aux migrants haïtiens.

À l’instar de leur condition de « sans papier », la situation actuelle de présumé « porteur de choléra » peut être instrumentalisée par les employeurs dominicains à des fins de discrimination, d’exploitation et d’abus de toute sorte, quand on connait déjà la vulnérabilité des travailleurs migrants haïtiens dans le pays voisin.

 

>> Une plateforme de mouvements sociaux recommande l’environnement et la protection de la vie comme priorités du gouvernement à venir.

L’environnement et la protection de la vie des individus devraient être les priorités de tout gouvernement en Haïti, déclare une plateforme de réseaux sociaux haïtiens à quelques jours de la tenue du Forum Alternatif de Cancun, du 29 novembre au 10 décembre 2010.

Le plan d’investissement agricole du gouvernement est inadéquat, parce qu’il ne prend pas en compte « des éléments importants, comme la réforme agraire intégrale, la valorisation de la production nationale et les mécanismes de protection de cette production », lit-on dans une note de la campagne pour l’éradication de la faim (Kanpay Kaba Grangou).

Cette campagne est conduite par un ensemble d’organisations et réseaux, dont des mouvements paysans comme l’Association des Paysans de Vallue (Apv), Tèt Kole (Union des petits paysans haïtiens) et la coordination régionale des organisations du Sud-Est (Crose).

Les différentes organisations de la campagne pour l’éradication de la faim se sont réunies du 16 au 19 novembre derniers à Croix des Bouquets (Ouest) pour discuter sur les problèmes liés aux phénomènes naturels, aux élections ainsi que sur le type de refondation nationale.

Lors du forum alternatif de Cancun, il s’agira pour elles de promouvoir une lutte sociale contre les changements climatiques qui éprouvent le pays déjà aux prises avec des problèmes socio-politiques.

Elles entendent également défendre, au cours du forum, un modèle de développement axé sur la protection de l’environnement et de la vie des individus, et une agriculture sans organisme génétiquement modifié (Ogm) ni agrocarburant.

La coopération Sud-Sud ainsi que la solidarité entre les Haïtiens après le 12 janvier seront également mis en avant.

 

Une Semaine en HAÏTI

(Une rédaction d’Alterpresse … Une publication du Collectif Haïti de France avec le soutien de la Fokal) - lundi 18 octobre 2010

>> Alerte renforcée aux intempéries en Haïti.

En cette deuxième quinzaine d’octobre 2010, la république d’Haïti se trouve sous une « alerte renforcée » devant les menaces d’inondations, de crues de rivières et de glissements de terrains, provoquées par les intempéries, incessantes depuis plusieurs semaines, et la saturation des sols en diverses zones.

La direction de la protection civile (Dpc) renouvelle ses appels, de vigilance et de respect des consignes de sécurité, aux populations de plusieurs départements géographiques.

10 personnes sont mortes le week-end écoulé à l’occasion des précipitations enregistrées à Port-au-Prince et à Carrefour (municipalité au sud de la capitale).

2 de ces personnes sont mortes lors de l’effondrement d’une maison à Fontamara (périphérie sud de Port-au-Prince) au moment d’un éboulement.

8 personnes ont péri samedi soir 16 octobre dans des inondations à Mariani, localité de Carrefour, à forte densité démographique et où les constructions anarchiques sont légion.

Le tronçon routier de la capitale, qui mène vers toute la côte Sud du pays, a été pratiquement bloqué par des amas de boue dans des quartiers de Fontamara et de Martissant.

Une évaluation est en cours pour pouvoir établir le bilan des deux derniers jours (dimanche 17 et samedi 16 octobre) marqués par d’intenses pluies.

Conséquence de la présence d’une zone humide sur les grandes Antilles et d’une zone de basse pression près des côtes du Nicaragua, des précipitations, accompagnées de forts vents et d’orages violents, ont été enregistrées, le lundi 18 octobre, dans la plupart des départements géographiques en Haïti.

Pour les semaines à venir, les prévisionnistes ne prévoient aucune amélioration des conditions météorologiques.

 

>> Une nouvelle carte des risques sismiques, disponible vers la fin de 2010.

Avant la fin de l’année 2010, une nouvelle carte des risques sismiques en Haïti sera disponible.

Elaboré avec le concours de l’Institut américain de géophysique (en anglais Usgs), cet outil devrait favoriser la planification des constructions sur le territoire national.

L’information a été rendue publique le 15 octobre, dans le cadre d’une conférence de presse conjointe entre le bureau (haïtien) des mines et de l’énergie (Bme), l’Usgs et un géophysicien de l’université Purdue d’Indiana, le français Eric Calais.

A court terme, la probabilité d’un séisme, de même magnitude que celui du mardi 12 janvier 2010, demeure assez faible, estiment les experts haïtiens et étrangers.

Haïti reste exposée aux possibles libérations de l’énergie accumulée par diverses failles, y compris celle de Léogane à l’origine du 12 janvier 2010.

Les experts affirment n’être pas encore en mesure de prédire la date, ni la période ni l’endroit, où se produirait un nouveau tremblement de terre en Haïti.

Cependant, ils invitent la population à tenir compte des risques sismiques par l’adoption de comportements appropriés, notamment en matière de construction.

Désapprouvant les réparations non contrôlées de bâtiments fissurés et/ou fortement affectés le 12 janvier, l’ingénieur Dieuseul Anglade, directeur général du Bme, insiste sur l’obligation pour les particuliers, en dehors des responsabilités de l’Etat, de respecter et d’appliquer les normes parasismiques.

 

>> Revendications pour l’autonomie et la souveraineté alimentaire à l’occasion de la 31e journée mondiale de l’alimentation.

Dans le cadre de la commémoration des journées internationales de la femme rurale (15 octobre) et de l’alimentation (16 octobre), plusieurs milliers de paysans membres de diverses organisations paysannes, ont manifesté, le 15 octobre, à Jacmel (Sud-Est), contre les multinationales et les semences hybrides, notamment les produits Monsanto.

Cette manifestation faisait partie des actions mises en œuvre par la campagne « kaba Grangou » (mettre un terme à la faim), menée par plusieurs organisations paysannes.

« Nous voulons des produits créoles », « les semences Monsanto sont du poison », ont scandé les paysans tout au long de leur marche, de Meyer (localité située à 3 kilomètres au sud-est de Jacmel) vers le centre de cette ville.

Les manifestantes et manifestants faisaient référence aux 475 tonnes de semences hybrides offertes par Monsanto au gouvernement haïtien après le séisme du 12 janvier.

« Ce sont les paysans qui peuvent relever Haïti et non Monsanto », a déclaré le dirigeant paysan brésilien Derlane Dos Santos Bezerra, du Mouvement des paysans sans terre (Mst Brésil) qui a pris part à la marche.

Au cours d’une manifestation similaire à Hinche (Centre du pays) en juin 2010, les paysans avaient symboliquement brûlé des semences hybrides de maïs de Monsanto.

Par ailleurs, plusieurs associations, notamment des organisations de femmes et d’artisans, ont participé à une foire de produits locaux à Liancourt (1re section communale de Verrettes, département de l’Artibonite) à l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre dernier.

Liqueurs de fruits, fruits séchés, confitures, riz local, et divers produits artisanaux ont été exposés lors de la foire, déroulée sous les yeux, entre autres, de représentants du gouvernement et ceux plus curieux et émerveillés des enfants de la zone.

L’organisation internationale Oxfam Québec a profité de la foire pour dénoncer l’invasion du marché haïtien par le riz américain [qui a engendré un processus de destruction de la production nationale], préconiser des actions durables en faveur de la décentralisation, de l’accès des paysannes et paysans aux techniques agricoles, à des formations ainsi qu’au crédit.

Oxfam Québec a également émis des inquiétudes quant une éventuelle flambée des prix que les intempéries en Haïti et au Pakistan pourraient entraîner.

>> Nouveau cahier de revendications des femmes d’Haïti.

Politique de création d’emplois (notamment dans les zones rurales), de garantie des droits des ouvrières, de protection sociale et de bonnes conditions de travail ; dépolitisation du travail; accès des femmes à l’éducation et formation à tous les niveaux ; actions contre l’impunité par des séances de formation au profit des professionnels de la justice et des agents de la police sur le phénomène de la violence faite aux femmes ; harmonisation des lois haïtiennes avec les conventions internationales ; mise en place de services de santé de proximité ; dépénalisation de l’avortement en faveur des victimes de viol et gratuité du certificat médical ; utilisation (par l’Etat) des ressources naturelles comme le soleil, le vent et l’eau ; dispositions pour prévenir une éventuelle pénurie d’eau dans 10 ans ; départ (du pays) de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah)…

Telles sont quelques-unes des revendications des femmes d’Haïti, relancées à la clôture de la 3e Action de la Marche mondiale des femmes (Mmf), le 17 octobre écoulé, à Bukavu en République Démocratique du Congo (RDC).

Ces revendications ont été réunies lors d’un atelier organisé à Port-au-Prince, fin septembre 2010, auquel ont pris part 42 femmes déléguées de 17 organisations des 10 départements géographiques du pays, indique une documentation consultée par AlterPresse.

EN BREF :
3 prisonniers morts dans une tentative de mutinerie

3 détenus décédés, incendie partiel du dispensaire de la prison : tel est le bilan d’une tentative de mutinerie au Pénitencier national, principale prison à la capitale, le dimanche 17 octobre.

Entre octobre 2004 et octobre 2010, plus de 40 évasions et tentatives d’évasions ont été enregistrées au pénitencier national, où des conditions objectives de fuite de prisonniers (également dans les autres centres de détention du pays) seraient réunies, rapporte le réseau national de défense de droits humains (Rnddh).

Compte-rendu de la mission en Haïti du 2 au 9 octobre 2010 (Jumelage avec Marigot)







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Compte-rendu du Conseil d'administration

Le Conseil d'administration a eu lieu jeudi 10 juin 2010 à Monts-sur-Guesnes.

Plusieurs éléments à l'ordre du jour :

1- Tour de table

2- Election du bureau

3- Point financier

4- Projet MAEE 2010-2012

5- Déplacement de la délégation de VHS à Marigot en 2010

Télécharger l'intégralité du compte-rendu

 

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Haïti doit faire face à une véritable catastrophe humanitaire

Suite au tremblement de terre qui a eu lieu mardi 12 janvier à 17h à Port au Prince, Bruno Belin, Premier Vice-Président du Conseil général de la Vienne et Président de l’Association Vienne Haïti Solidarité, s’est exprimé :

"Nous avons appris avec une très grande tristesse cette nuit le tremblement de terre  qui a dramatiquement frappé Haïti et sa capitale, Port au Prince. Des centaines de morts, des milliers de blessés, des infrastructures détruites, un accès limité à l’eau, à la nourriture, aux médicaments, des pillages dans les rues… C’est une véritable catastrophe humanitaire qui se déroule actuellement dans ce pays, l’un des plus pauvres au monde. Rappelons en effet que 80% des habitants vivent au dessous du seuil de pauvreté et 54% d’entre eux dans la misère la plus totale (moins de 0,75 € par jour). Je tiens à faire part aux Haïtiens de notre solidarité dans ces moments particulièrement difficiles."

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Vienne-Haïti Solidarité sur France Télévision

Visionnez un extrait du journal de l'édition régionale Poitou-Charentes du vendredi 15 janvier 2010.

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Appel aux dons

L'Association Vienne Haïti Solidarité lance un appel aux dons pour aider à la reconstruction de Marigot et pour soutenir les Haïtiens.

Ces dons seront bien évidemment intégralement reversés sur place.

Pour cela, contactez l’association :

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Don de l’Amicale des Sapeurs-pompiers à Vienne-Haïti Solidarité

 

Samedi 6 février, à 16h, à la caserne des pompiers de Monts-sur-Guesnes, un chèque de 500 € de l’Amicale des Sapeurs-pompiers a été remis à Bruno Belin, Président de l’Association Vienne-Haïti Solidarité.

Bruno Belin a souligné « l’engagement important des collectivités et des particuliers ». Il a aussi « remercié l’Amicale qui, par ce geste, apportera une aide importante à la reconstruction de la commune de Marigot ».

Les dons seront intégralement reversés à la commune de Marigot, commune jumelée.

Pour faire part de vos dons :
vienne-haiti-solidarite@pays-loudunais.fr
Téléphone : 05 49 22 79 17

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Haïti doit faire face à une véritable catastrophe humanitaire

Suite au tremblement de terre qui a eu lieu mardi 12 janvier à 17h à Port au Prince, Bruno Belin, Premier Vice-Président du Conseil général de la Vienne et Président de l’Association Vienne-Haïti Solidarité, s’est exprimé :

« Nous avons appris avec une très grande tristesse cette nuit le tremblement de terre  qui a dramatiquement frappé Haïti et sa capitale, Port au Prince. Des centaines de morts, des milliers de blessés, des infrastructures détruites, un accès limité à l’eau, à la nourriture, aux médicaments, des pillages dans les rues… C’est une véritable catastrophe humanitaire qui se déroule actuellement dans ce pays, l’un des plus pauvres au monde. Rappelons en effet que 80% des habitants vivent au dessous du seuil de pauvreté et 54% d’entre eux dans la misère la plus totale (moins de 0,75 € par jour). Je tiens à faire part aux Haïtiens de notre solidarité dans ces moments particulièrement difficiles.

En relation constante avec l’ambassade d’Haïti à Paris, nous avons réussi à joindre  Fifon  Myrtil, maire de Marigot, commune avec laquelle nous avons signé un protocole d’amitié*, sur place, il y a cinq semaines. Il nous a fait part de nouvelles alarmantes concernant Marigot et ses habitants. Il nous a confirmé qu’ils ont été très violemment frappés par le tremblement de terre. A cette heure, nous sommes très inquiets.

Suite à un déplacement à la fin novembre 2009, les membres de la délégation ont constaté  la très grande pauvreté et le dénuement total des Haïtiens. Mais, nous avons aussi été profondément touchés par leur accueil et leur générosité. Nous avons tissé des liens d’amitié indéfectibles avec les habitants de Marigot.

Après l’urgence, viendra le temps de la reconstruction. Vienne Haïti Solidarité travaillera aux côtés des Haïtiens en fonction des besoins recensés. Nous réunirons dès demain soir, jeudi 14 janvier, un Conseil d’Administration extraordinaire, afin d’étudier nos possibilités d’action. »

* Le protocole d’amitié signé entre Fifon Myrtil, Maire de Marigot, et Bruno Belin, Président de la Communauté de Communes du Pays Loudunais, sous l’égide de Cités Unies, lie les deux collectivités à des échanges d’ordre culturel, touristique, social et économique. Un contrat de coopération va progressivement se dessiner avec une aide à la gouvernance, à l’éducation, à la santé ou aux infrastructures. 


Signature du protocole d'amitié entre la commune de Marigot, représentée par son maire Monsieur Fifon Myrtil, et la Communauté de Communes du Pays Loudunais, représentée par Bruno Belin, à la fin novembre 2009

 

Association Vienne-Haiti Solidarité

Téléport 6
2 rue Fontaine d'Adam - BP 4
86201 LOUDUN Cedex

viennehaitisolidarite@pays-loudunais.fr

www.vienne-haiti-solidarite.org

05 49 22 79 17